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Bandeau théière calli

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dimanche 28 avril 2013

La Chine qui Vient - Courrier International

J'ai gardé de côté un excellent Hors-série de COURRIER INTERNATIONAL, qui date du dernier trimestre 2010 et qui titre "LA CHINE QUI VIENT".
 
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Le magazine : il présente plusieurs analyses de la presse chinoise et s'interroge sur le devenir de ce gros morceau de notre planète. Au sommaire : quelques surprenants clichés en noir et blanc du photographe Yan Ming, une carte représentant la puissance économique, des articles sur la culture, l'égalité des forces, les liens extérieurs (monde arabe, Afrique), le train à grande vitesse, la main d'oeuvre, l'urbanisation, les grosses fortunes, l'école, l'interventionnisme public, la culture du légume...

Dans la rubrique "Les gens" (p. 92), on nous présente, entre autres, Luqiu Luvwei, reporter et bloggueuse, stupéfiée de recevoir 80.000 visites en un seul jour lorsqu'elle a lancé son blog : http://blog.sina.com.cn/luqiuluwei . Connue hors de l'empire du milieu sous le nom de Rose Luqiu, elle est responsable d'édition pour la chaîne de Hong Kong Phoenix TV. Dès 1998, un an après la rétrocession de Hong Kong à la Chine, elle est autorisée à accompagner les dirigeants chinois dans leurs visites officielles à l'étranger. Après le succès de son premier blog, elle en lance un second sur lequel elle s'exprime parfois sur des sujets plus délicats : http://blog.ifeng.com/674832.html .

P. 80, un intéressant article de Yu Zeyuan intitulé "Gare à l'oligarchie capitaliste !". Son analyse montre qu'à la faveur de la grande transformation de l'économie chinoise entammée en 1990, la collusion entre le monde de la politique et des affaires est devenue un phénomène très répandu, que ce soit dans le secteur immobilier, minier, financier, que dans celui de l'énergie.  L'appui de hauts fonctionnaires a permis à de nombreuses et puissantes entreprises publiques (en situation de monopole) d'entranger des profits exorbitants. Les entrepreneurs de ce système se sont mis à rechercher des retours sur investissement illégaux, protégés par les pouvoirs publics.

Mais ce hors-série de Courrier International l'a pas oublié "Les oubliés de la croissance". Dans leur article (p. 62), Chen Xianfeng, Zhang Ran, Xiang Kailai et Ye Chao nous parlent des ouvriers du sud, qui travaillent à la chaîne, qui dans une usine de jouets étrangère, qui dans une usine japonaise d'électronique, qui pour fabriquer des pièces détachées chez Honda... Les entreprises ont certes revalorisés les salaires minimums, mais dans le même temps, elles ont profité pour augmenter la charge de travail.  Le salaire minimum est passé de 770 à 920 yuans (82 à 105 euros), soit une augmentation de 19%, mais la charge de travail a augmenté, elle, de 50%. Les ouvriers mécontents ne peuvent pas diagloguer avec leur encadrement. "Osez vous exprimer et l'entreprise vous vire", confie l'un d'eux, Wang Ganggang, ouvrier à Shangzen. Il y a plus de 10 ans, être ouvrier, notamment dans une usine étrangère, était envié. Les choses se sont inversées. Et l'espoir d'une promotion est illusoire, explique Bai Chunrong. Le 17 mai 2010, une grève a éclaté dans une usine du Guangdong. Pourtant, le droit de grèvce a disparu de la Constitution chinoise en 1982.

Le magazine nous présente également, p. 42, l'impact de la constuction d'un chemin de fer au Tibet, qui a représenté un exploit technologique incroyable : franchissement de montagnes de 5.000 m d'altitude, ponts sur des vallées de 12 km de large, rails à faire tenir sur des centaines de kilomètres de glace, tunels creusés dans la roche par -30°, manque d'oxygène... En même temps qu'il véhicule les personnes et les denrées, le train du toît du monde permet également la circulation des idées, entre le matérialisme chinois et la spiritualité tibétaine. Le train traverse des zones qui peu à peu se désertifient, les dunes avancent, le permafrost fond et quelques troupeaux paissent au bord des mares ainsi formées. Conquise et dominée par les ingénieurs, mineurs, soldats, policiers et prisonniers hans, les terres du plateau du Qinghai se dépeuplent et ont perdu leur aspect sauvage. Zha Xi est un Tibétain qui fait partie de la brigade des Yaks sauvages. Constituée pour lutter contre les braconniers, la brigade se tourne peu à peu vers le développement de l'écotourisme, qui a de l'avenir devant lui (si les changements ne bouleversent pas trop la nature).
Extrait de http://bea007.over-blog.com/ Article du 30/11/11

1 commentaire:

  1. Si ça t'intéresse, le Nouvel Obs du 23 décembre 2010 "Incroyable Chine" en PDF ?…

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