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Bandeau théière calli

Bandeau théière calli

dimanche 29 décembre 2013

La politique de l'enfant unique s'assouplit


La République Populaire de Chine, qui a recensé en 2012 une population de 1 milliard 351 millions d'habitants, a adopté hier (28/12/13) une résolution visant à autoriser les couples dont au moins l'un des membres est enfant unique à avoir deux enfants. Une dizaine de millions de couples seraient concernés. Les règles dans les provinces ne suivant pas forcément les lois nationales, l'ANP enjoint, par ailleurs, les autorités provinciales à "amender leurs règlements et prendre des actions spécifiques". L'agence Chine Nouvelle indique que ces règles entreront en vigueur dans certaines provinces et régions dès le premier trimestre 2014.
C'est en 1979 que la politique de l'enfant unique voit le jour en Chine dans le but de ralentir l'accroissement démographique galopant du pays. D'après les autorités de la RPC, cette politique aurait permis d'éviter 400 millions de naissances. Depuis août 2007, l'autorisation d'un deuxième enfant était déjà possible dans certains cas exceptionnels, comme pour les couples habitant en milieu rural (sauf dans le Henan) ou ceux dont le premier enfant était une fille. Il faut savoir également que les familles financièrement à l'aise n'hésitaient pas à enfreindre la loi, ayant les moyens de payer l'amende prévue en cas d'infraction.

Extrait d'un billet sur un ouvrage intitulé NAITRE EN CHINE, que j'ai posté le 10/11/12 sur http://bea007.over-blog.com/ :

En 2008, à l'approche de J.O. en Chine, aux Editions "Alternatives", est paru un livre incontournable pour qui veut comprendre l'historique de la politique de l'enfant unique en Chine : NAITRE EN CHINE. Qiang Zhang et Françoise Chabert ont mis leurs connaissances et leurs efforts en commun pour nous décrire avec franchise cette saga particulière et nous parler des résistances à cette politique ressentie par beaucoup comme inhumaine.
Extraits choisis (génèse de cette loi) :

1949 : Mao Zedong fonde la RPC.

1950 : 1ère loi sur le mariage. "Libre" choix du conjoint, validé par l'unité de travail, enregistré par le bureau des mariages. Difficultés d'application. La bigamie devient illégale.
1953 : 600 millions de citoyens. Des intellectuels suggèrent la restriction des naissances. Production de contraceptifs. Avortement et stérilisation accessibles sur demande avec l'autorisation du mari.
1957 : Campagne de "rectification" : chacun exprime son point de vue sur les questions politiques. Les intellectuels, sociologues et démographes sont déclarés réactionnaires.
1958 : politique du "Grand Bond en Avant". L'Etat a besoin de bras pour produire. On interrompt la production de contraceptifs.
1959-61 : La politique agricole est mise en difficulté. S'ensuit une famine qui fera 30 millions de morts et sera cause de multiples infécondités.
1962 : Baby boom en RPC. 2e campagne de contrôle des naissances. Le mariage ne peut se faire avant 20 ans pour les filles, 22 pour les garçons.  Plus besoin de l'autorisation du mari pour avorter. La vasectomie est encouragée, la contraception largement diffusée.
1971 : 20 millions de personnes en plus chaque année. Instauration de la politique des quotas. Le nombre d'enfants est limité à 2 en ville et 3 à la campagne. Peu de contrôles. La Chine entre à l'ONU.
1975 : Ebauche d'une politique d'économie de marché. Début du programme des 4 modernisations lancé par le Premier ministre Zhou Enlai.

1976 : Mort du Président Mao Zedong de la maladie de Charcot. Il n'a pas désigné de sucesseur.
1978 : Le parti exige des contrôles rigoureux. Seuls les Mongols et Ouigours (peu nombreux) ne sont pas concernés par les quotas.
1979 : Certificat de l'enfant unique, qui donne lieu à des primes, à la gratuité des soins médicaux et scolaires, facilite le logement en ville et permet l'attribution d'un peu de terre pour les paysans. Sanctions pour les réfractaires : retenue sur salaire, licenciement, maison saccagée par le planning familial.
1980-82 : La Constitution rend obligatoire la limitation des naissances.
1991 : les cadres du parti sont rendus responsables de cette politique. Fausses déclarations en nombre.
1999 : Renforcement du contrôle et de la délation. 

2006 : Durcissement. Les provinces sont sommées de rendre des comptes. Les familles les plus aisées peuvent se payer le luxe d'acquitter les amendes ou passe-droits.
2007 : Au Guangxi, où la loi n'est pas respectée (les cadres du parti ne la respectent pas non plus dans cette région). Répression violente. Avortements non consentis ou stérilisations forcées ont lieu. Possibilité pour les couples de parents eux-mêmes enfants uniques d'avoir deux enfants (sauf dans le Henan, qui est très peuplé). L'Etat laisse une grande autonomie aux provinces.

samedi 28 décembre 2013

Les camps de rééducation par le travail enfin abolis


 NEWS


On les croyait depuis longtemps disparus, pourtant, l'information provient de l'agence de Presse officielle "Chine Nouvelle" et la plupart des journaux et magazines s'en font l'écho ce matin : la "plus haute instance législative chinoise" vient d'adopter aujourd'hui (28/12/13), plusieurs motions abolissant définitivement les camps de rééducation par le travail. Le Comité central du Parti Communiste Chinois (PCC) s'est réuni en conclave pour entériner par décision de l'Assemblée Nationale Populaire (ANP), les dernières décisions du Parti.

C'est en 1957, alors que le Président Mao en est à sa 8ème année de double pouvoir (Parti et Etat), que le Grand Timonier fait mettre en application ces camps de rééducation par le travail (LaoJiao) où l'on y envoyait quiconque était soupçonné d'être un mauvais communiste. Les organisation de défense des Droits de l'Homme n'ont pas cessé de dénoncer les abus de ce système, qui permettait la détention jusqu'à 4 ans (parfois dans des conditions très dégradantes et sanitairement dangereuses - certains parlent même de tortures), de contestataires militants ou non, ou des traditionalistes, sur simple décision de police. Le système judiciaire de la République Populaire de Chine ayant évolué et l'opinion internationale étant devenue un point d'attention particulier au vu des relations commerciales du pays, les lois se sont assouplies. 

Le Parti unique indique que ces camps sont aujourd'hui devenus "superflus" au vu du "développement" du système judiciaire de la République. Néanmoins, selon l'Agence Française de Presse, des experts ont "mis en garde contre la probable persistance en Chine, sous des noms différents, d'autres formes de détention arbitraire."
Lien sur une video de CNN de septembre 2013 à propos des camps : ICI.

Extrait traduit de North Country Public Radio :

"D'anciennes détenues parlent - Le ministre de la Justice indique que 160.000 personnes ont été emprisonnées dans 350 camps de rééducation par le travail en 2008.
Les détenus comprennent des prostituées, des usagers de drogues et des personnes comme Shen, qui ont lancé une pétition au gouvernement central afin de redresser les torts de responsables locaux. Les authorités locales utilisent souvent les camps de travail pour baillonner les critiques en effectuant un minimum de travail bureaucratique. 'Les responsables locaux ne veulent pas laver leur linge sale en public', indique Maya Wan, une chercheuse de Hong-Kong qui surveille les Droits de l'Homme. 'C'est la police qui gère les détentions. Elle n'a pas besoin d'aller devant les tribunaux ni de présenter des preuves'".


Les organes du pouvoir d'Etat :
  • L'Assemblée Nationale Populaire
  • Le Président
  • Le Conseil des Affaires de l'Etat
Les membres du Conseil des affaires de l'État incluent le Premier ministre, un nombre variable de vice-Premiers ministres (actuellement au nombre de 4), 5 conciliateurs d'État (avec des portefeuilles réduits par rapport aux vice-Premiers ministres), et 29 ministres et Commissions du Conseil des affaires de l'État. 

Dans les années 80, certains membres du pouvoir tentèrent de faire séparer les fonctions d'État et de Parti, avec le Parti décidant des grandes lignes politiques et l'État ayant pour tâche de les mettre en œuvre. Mais l'idée fut abandonnée par le gouvernement central dans les années 90, après les événements de Tian An-Men, la direction politique de l'État étant détenue par les dirigeants du Parti, créant une concentration de pouvoir dans un faisceau unique.

Dans un même temps, un accord a été décidé, séparant le Parti et les bureaux d'État à des niveaux autres que ceux du gouvernement, et on ne connaît pas aujourd'hui de membre de l'exécutif au niveau national qui soit en même temps secrétaire du Parti, hors quelques cas particuliers tel celui des régions administratives de Hong Kong et Macao où le Parti n'intervient pas.


A l'heure actuelle, l'Assemblée Populaire approuve le plus souvent les directives et recommandations du Conseil des Affaires de l'Etat. Pour autant, il sert de plus en plus de contre-poids à la législation nationale et il lui est arrivé de forcer la révision de certaines lois. Si le Parti définit la ligne générale que les différents organes de l'Etat traduisent en décisions politiques, le système est en constant équilibre entre la direction communiste radicale et les diverses administrations, dont une direction bureaucratique qui amerait bien que l'Etat domine le Parti, ce qui génère parfois des tensions entre les deux pôles de la balance.


Mao Dzedong dans les mémoires :

La Chine a fété avant-hier les 120 ans de la naissance de Mao Dzedong. L'actuel Président, Xi JinPing, qui évoque depuis un an, avec admiration, le régime de Mao, devait prononcer un discours à sa mémoire. Selon le magazine "Pélerin", la nouvelle équipe au pouvoir depuis un an "n'a cessé de remettre Mao au goût du jour dans une tentative de remettre un peu de 'morale' au coeur d'une société chinoise en quête de repères". Toujours d'après le magazine, le bilan de Mao divise encore, les vieilles générations restant souvent élogieuses, rappelant qu'il a mené la lutte contre les nationalistes, vaincu les Japonais, pacifié le pays et fondé la RPC - mais oubliant que cette période a été celle des pires répressions politiques, la collectivisation des terres (dès 1950) ayant fait plus d'un millions de morts (d'après les historiens chinois) et le "Grand bond en avant" (dès 1958) ayant provoqué une famine qui a tué plus de 40 millions d'habitants (d'après des universitaires chinois). Sans oublier la Révolution culturelle qu'il a lancé en 1966 et qui plongea le pays dans une guerre civile faisant plus de 10.000 morts (encore d'après des universitaires chinois).

samedi 23 novembre 2013

Confucius - Cours débutants

Juste un petit mot pour les habitants de Montpellier et des environs qui sont intéressés par les cours du nouvel Institut Confucius.

L'Institut a dernièrement annoncé en promotion un tarif des cours à la baisse. Pour tous les cours jusqu'à juin (2h par semaine, excepté pendant les vacances scolaires), le montant total des cours s'élève à 75 €, inscription à l'Institut comprise.

Les cours pour débutants et semi-débutants ont lieu le lundi de 19h à 21h, dans la salle de classe du bâtiment Jacques 1er d'Aragon, qui donne sur la place de la Révolution Française, quartier Richter (117 rue des Etats Généraux, station de Tram Rives du Lez).

Pour toute précision, se renseigner auprès de Mme Christiane Prigul, qui dirige l'Institut :

christiane.prigul@institut-confucius-montpellier.org
Tél : (UM2/Relations internationales) 04 67 14 30 46
Tél Institut (sous réserve) : 04 67 99 39 10


dimanche 17 novembre 2013

Le sens de l'amour




En France, lorsque notre coeur bat pour quelqu'un, nous disons que nous tombons amoureux. Eh bien les Chinois, eux, ne tombent pas : ils montent. La traduction littérale de l'expression "tomber amoureux" serait "monter amoureux".

àishàng : 愛上

Allez hop, on fait comme nos deux amoureux qui ont copié les Chinois ! On monte !

在法国,当我们的心脏跳动的人,我们说,我们坠入爱河。以及中国人,他们不属于:
他们乘坐。“坠入爱河”的直译是“在爱。”
让我们去,做作为我们两个恋人谁抄袭了中国!我们爬

dimanche 10 novembre 2013

Les cerfs-volants

C'est à un penseur et philosophe chinois du IVe siècle avant J.C. que l'on attribue l'invention du cerf-volant (feng zheng) 风筝: Mo Zi. Mais ce fut un artisan du temps des Royaumes Combattants, pendant la dynastie des Zhou de l'Est (475-222 avant J.C.) nommé Gongshu Pan qui eut l'idée de son utilisation à des fins d'observation militaire.

A l'époque de la dynastie des Han (206 av. J.C. à 220 de notre ère), qui suivit celle des Qin, le concept fut "amélioré" pour terrifier l'ennemi. Enfin, au XIIIe siècle (dynastie des Song puis dynastie mongole des Yuan), les villes en état de siège s'en servirent pour transmettre des messages par-delà la cité assiégée et pour incendier le campement des assiégeants.

http://cerfvolant.militaire.free.fr/page%20suite/accueil/histoire%20du%20cv/histoire%20cv.html

On dit aussi que le cerf-volant serait le fruit de l'ingéniosité de quelques ermites taoïstes qui vivaient au sommet des montagnes, faisant participer à leurs exercices de méditation un cerf-volant censé communiquer avec les différents phénomènes célestes. Ge Hong (283-343) évoquait des "voitures volantes faites de bois de jujubier".

Puis vint la dynastie des Tang (618-906) qui vit l'engouement du cerf-volant parmi toutes les couches du peuple. Marco Polo indiquait que des navigateurs l'utilisaient à la fois comme présage et pour mesurer le vent avant chaque départ. Des récits indiquent que des pêcheurs lacustres y suspendaient leur hameçon, où était attaché l'appât, afin de ne pas éveiller la méfiance du poisson.

De nos jours, l'art de la fabrication du cerf-volant est entre les mains d'artisans qui font des créations ingénieuses et artistiques. On en trouve avec des sifflets, des harpes éoliennes, voire des lampions pour les vols de nuit. Les motifs animaliers sont très prisés (poisson, oiseau, papillon, dragon, grenouille, cigale...). A Pékin, on les fabrique avec une trame de bambou pour résister au grand vent du nord ; à Tianjin, on y adjoint la technique du pliage, ce qui permet un rangement facile de très longs cerfs-volants. Weifang est la capitale chinoise du cerf-volant : un grand festival y est organisé chaque annéee réunissant des centaines de participants venus de plus de 20 pays.

Lors de la Fête des Morts, ou Fête de Qingming, le 5 avril de chaque année, les chinois ont l'habitude de faire voler des cerfs-volants.


Source : "En Chine, à Hong Kong et Macao", Guides Visa  Hachette, 1994.
Illustration : histoire du cerf-volant, cerfvolant.militaire.fr (lien sur la photo).

dimanche 3 novembre 2013

Café-Chine à Montpellier

A l'attention des adhérents, parains, amis et sympathisants, l'association Eurasia organise son premier "Café-Chine" de la rentrée mercredi 6 novembre 2013 au restaurant le Royal Orchid (face à la gare Saint-Roch).



Pour les réservations, téléphoner au 06 15 09 16 16

lundi 28 octobre 2013

Le peintre aux quatre dragons


Il était une fois un grand peintre de l'époque des dynasties du Sud et du Nord (420-589) qui visitait le temple Anle. Il s'appelait Zhang Zengyou. Inspiré, il se mit à peintre sur un mur un dragon, puis un autre, encore un autre et finalement un quatrième dragon. Aucun de ceux-ci n'avaient d'yeux.

Autour de lui, une foule s'amassa et les badauds de lui demander : "Maître, pourquoi n'avez-vous pas peint les yeux des dragons ?" A quoi le peintre répondit :

"Les yeux sont l'âme du dragon ; si je peins les yeux, ils s'envoleront." Mais personne n'avait l'air d'y croire. Alors le peintre trempa à nouveau son pinceau dans l'encre. Il avait à peine esquissé les yeux de deux de ses dragons que ceux-ci s'élevèrent dans le ciel, où tonna l'orage et brillèrent les éclairs, à la grande stupeur des personnes attroupées là. Quant aux deux dragons sans yeux, ils restèrent sans bouger sur le mur.

画龙点睛 (huàlóngdiǎnjīng), que l'on peut traduire par "c'est en donnant la touche finale à ses yeux que l'on donne vie au dragon", est un proverbe qui décrit la dernière touche qui donne vie à une oeuvre.
 

samedi 19 octobre 2013

Stage de Qi Gong et calligraphie chinoise


Samedi 26 octobre 2013 de 14 à 17h30
Lieu : Villeneuve les Maguelone

Stage de Qi Gong et Calligraphie chinoise
Stage d'initiation ou de perfectionnement, visant à mettre en parallèle ces deux disciplines, animé par Marie-Christine Evrard, enseignante de Taï Ch'i et Qii-gong et Sophie Liottier, calligraphe. Un thé de Chine ainsi qu'une collation seront partagés...


Le tarif du stage s'élève à 30 €uros pour les 3 heures.

Pour venir à Villeneuve les Maguelone, il faut prendre le bus n°32 , et descendre à l'arrêt "PILOU". Puis à pied, remonter la rue des "MYOSOTIS", et prendre la 2è rue à droite (entrée au milieu des HLM.) .
La salle des HLM où nous pratiquerons le stage se trouve au milieu . Elle ressemble à une maisonnette ronde, peinte en rose clair, avec des grilles aux fenêtres, et entourée d'un petit parking de voitures intérieur.)

Voilà, si vous ne savez pas quoi faire ce samedi, vous serez les bienvenus à Villeneuve... Merci de diffuser autour de vous !
A très bientôt,

Sophie LIOTTIER
04 67 99 65 26 / 06 59 43 13 46

vendredi 4 octobre 2013

Le rêve brisé de Shanshan - Dédicace


Conférence et dédicace de Shanshan SUN 
 Aura lieu à 18h30 le samedi 19 octobre 2013 
A l'atelier de Shanshan
35 rue de la Valfère 34000 Montpellier

Un nouveau livre Le rêve brisé de Shanshan  est publié par Editions Perséides
Il parle de la vie de Shanshan de sa naissance à son arrivée en France en 1993

山山新書出版講座簽字暨南方鄉村葡萄酒品酒會
晚會日期2013年十月19 日18點30分
會址山山書道作坊
法國蒙彼利埃瓦勒菲鶴街35 號

此書名為山山夢碎書中講訴了山山自出生到1993到法國的生活
山山和他的粉子們恭候你的到來遠朋從世界其他地方而來機票報帳



A quoi ressemble l'enfance d'un artiste sous la Révolution culturelle en Chine ? «Le rêve brisé de Shanshan» répond à cette question en nous racontant la vie du calligraphe Sun Shanshan. Entretien avec la co-auteur du livre, Sabine Jourdain.« Le rêve brisé de Shanshan », co-écrit par Sabine Jourdain et Sun Shanshan, raconte la vie de ce dernier, de son enfance sous la Révolution culturelle à son choix de devenir dissident. Au-delà des mésaventures individuelles de l'artiste, l'ouvrage permet au lecteur de se plonger dans les dernières décennies d'une Chine en pleine mutation.

Sabine Jourdain est une spécialiste de la Chine avec plusieurs ouvrages à son actif dont « La Chine impériale» (éditions Fleurus) et «Les mythologies» (éditions Eyrolles).

Sun Shanshan est issu d'une lignée de prestigieux calligraphes chinois. Vivant en France depuis 1993, il a fondé son propre courant, la calligraphie libre. Également poète, il a fondé le mensuel «Poésie» en 1985.


mercredi 2 octobre 2013

Brochettes au beurre de cacahuètes


La recette est pour 4 personnes

1) Pour la sauce :

2 gousses d'ail, 1/3 de verre d'huile d'arachide, 1 pincée de piments séchés, 200 g de beurre de cacahuètes de type "crunchy" (avec de petits morceaux), 2 cuil. à soupe de sauce soja, le jus d'un demi citron, 1 cuil. à soupe de sucre en poudre, quelques cacahuètes grillées entières.

Epluchez l'ail et hâchez le finement. Dans un wok, faites chauffer l'huile et faites-y blondir l'ail, puis les piments. Egouttez l'huile et réduisez en purée. Réservez.

Dans le wok, mettre le beurre de cacahuète à feu doux et délayer jusqu'à ce qu'il fonde un peu. Ajouter la sauce soja, le jus de citron et le sucre, puis l'ail-piment en purée, ainsi que quelques cacahuètes que vous aurez pilées auparavant. Laissez mijoter quelques minutes, délayez avec un peu d'eau si la sauce est trop épaisse.

2) Pour les brochettes :

Prévoir 2 filets mignons et une tranche de lard fumé.

Couper les filets en plusieurs rondelles d'environ 4 cm d'épaisseur. Dans votre cocotte, faites revenir les tronçons dans de l'huile d'olive, couvrez et laissez mijoter à feu doux une dizaine de minutes puis égoutter.

Par ailleurs, faites dorer vos tranches de lard. Allumez le grill du four.

Entourez les tranches de filet d'une tranche de lard et assaisonnez selon votre goût. 5 mn de cuisson au grill (pas trop près de celui-ci) devraient suffire - vérifier que la viande ne soit pas trop cuite mais que le lard soit bien doré.

Servez les brochettes sur des plats individuels, sur un lit de sauce, parsemez de quelques cacahuètes entières. Vous pouvez présenter avec quelques brins de corriandre fraîche. En accompagnement : purée de céleri, de carottes ou de patates douces feront l'affaire, à moins que vous ne préfériez du riz parfumé.

Deux petits trucs pratiques  : pour que les batons de brochettes ne brûlent pas, on peut les faire tremper au préalable dans de l'eau. Afin que les brochettes soient stables, je vous conseille de piquer chacune d'elle de 2 brochettes parallèles.

dimanche 15 septembre 2013

Confucius 34 : ouverture

J'ai posté un billet, le 16 juin dernier, dans lequel je mentionnais la prochaine ouverture de l'Institut Confucius de Montpellier. Je viens d'apprendre par Mme Prigul, sa directrice, que son innauguration aura lieu jeudi prochain, 19 septembre 2013 à 15 heures, à l'Espace Jacques 1er d'Aragon.

Cet Institut international vise une offre linguistique (mandarin) de qualité pour tous les publics. A ce jour, 387 Instituts Confucius sont répartis dans 108 pays, dont 15 en France. Fruit d'une coopération entre des universités française et chinoise, ainsi que de la ville de Montpellier et de l'académie de l'Hérault, l'Institut de Montpellier propose des cours de mandarin tous niveaux, formation pour les enseignants de chinois, conversation, conférences culturelles, ateliers de Kung Fu et de Taï Chi... Informations sur le système éducatif chinois, sa culture et son tourisme. Les élèves et sinophiles auront à leur disposition une médiathèque de 2.000 ouvrages.
Sur le site de l'Institut, http://www.institut-confucius-montpellier.org/, le début des cours tous niveaux est indiqué comme commençant au 3ème trimestre 2013.

Adresse :
Espace Jacques 1er d'Aragon
117 rue des Etats Généraux
34000 Montpellier
Quartier Richter
Tram : 1, 3, 4, station Rives du Lez
Tél (Espace Jacques 1er) : 04 67 83 71 86
protocole@villemontpellier.fr

Directrice de l'Institut :
Mme Christiane Prigul
christiane.prigul@institut-confucius-montpellier.org
Tél : (UM2/Relations internationales) 04 67 14 30 46
Tél Institut (sous réserve) : 04 67 99 39 10

Jeudi 19 septembre :
15h Lancement officiel de l'Institut Confucius
Vernissage de l'exposition de peintures et calligraphies chinoises
Musique traditionnelle chinoise
Danse du Lion et cérémonie de l'Eveil

Vendredi 20 septembre :
14h (Amphi Charles Flahaut, Institut Botanique): 3 conférences
Music of the Brain
Médecine traditionnelle chinoise
Technologies de la semiconduction
19h30 Corum (Salle Einstein) :
Spectacles de danse et musique traditionnels
Entrée libre
Corum : Esplanade Charles de Gaulle

samedi 14 septembre 2013

Rentrée EURASIA - Montpellier


Lundi 9 septembre 2013, l'association EURASIA de Montpellier a ouvert ses portes pour la Fête de la lune et pour présenter son équipe de bénévoles et de professeurs.

Fondée en 1986, l'association franco-chinoise a pour but de favoriser l'amitié et l'échange entre la France et la Chine par une plus grande connaissance des deux pays grâce à des cours de mandarin et de calligraphie, à l'apprentissage de la cérémonie du thé, à des animations de sensibilisation dans les écoles...Elle vise également à aider à l'éducation d'enfants défavorisés du Sichuan et du Gansu et tente d'apporter une assistance pratique aux étudiants chinois résidant à Montpellier.

Les cours viennent de reprendre le 11 septembre 2013. Les cours de niveau 1 (faux débutant) commencent mardi 17 septembre et seront assurés par Chen Xu.
Dernière minute : veuillez noter que ce cours ne sera pas assuré pour cause d'effectif trop faible.

Informations :

Lieu :
Centre culturel Martin Luther King
27 boulevard Louis Blanc
34000 Montpellier

Tél : 06 62 45 49 56
Email : gaonp@neuf.fr

Présidente : Mme Nan-Ping GAO

Tarifs indicatifs 2013-2014 :

Adhésion : 20 €/an
Calligraphie : 345 €/an
Cours de chinois : 255 €/an
Cours enfants : 170 €/an
Cours individuels : 35 €/heure

Les tarifs des cours collectifs sont sur la base de 45h pour le chinois et 60h pour la calligraphie, hors vacances scolaires et jours fériés. Le premier cours d'essai est offert. 

Le serpent QI - 百步蛇 (bǎi bù shé)

百步蛇 (bǎi bù shé) = Serpent aux cent pas

Extraits de "LA MONTAGNE DE L'AME", de Gao XINGJIAN, prix nobel de littérature. Chapitre 30 (pages 235 à 241).

Depuis longtemps j'avais entendu des légendes sur le célèbre serpent qi et son terrible venin. A la campagne, on le nomme souvent le Dragon des Cinq Pas, car on prétend que sa morsure entraîne la mort d'un homme ou d'une bête avant qu'ils aient eu le temps de parcourir cinq pas. D'autres disent que l'on a peu de chance d'en réchapper si l'on passe à moins de cinq pas de lui. Il est certainement à l'origine du proverbe "Le plus puissant des dragons ne peut venir à bout du premier serpent terrestre." Chacun s'accorde à dire qu'il est différent des autres serpents venimeux. Même le serpent à lunettes, tout dangereux qu'il est, peut facilement être effrayé par l'homme. Lorsqu'il attaque, il faut tenir la tête levée le plus haut possible et se redresser en criant pour le terroriser. Quant on le rencontre, on peut très facilement s'en protéger en jetant quelque chose à côté de lui. Si l'on n'a rien à jeter, il suffit de lancer ses chaussures ou son chapeau et de filer au moment où le serpent les attaque, croyant avoir affaire à sa proie. Mais, quand on rencontre un serpent QI, dans huit ou neuf cas sur dix, il attaque avant qu'on ait eu le temps de le voir.


Dans le sud de l'Anhui, j'ai entendu des histoires presque mythiques sur ce serpent. Elles racontent qu'il est capable de s'organiser en ordre de bataille et qu'il délimite son territoire à l'aide d'un fil plus fin que la toile d'une araignée. Si un animal le touche, il l'attaque, aussi rapide que l'éclair. Rien d'étonnant si partout où vit ce serpent circulent toutes sortes de paroles incantatoires. On dit qu'elles ont un pouvoir protecteur si elles sont récitées en silence, mais que les montagnards ne les transmettent pas aux étrangers....

Les habitants du chef-lieu de district, peu habitués à la montagne, m'ont raconté des choses encore plus effrayantes : ces serpents mordraient même à travers les chaussures en cuir, et ils m'ont conseillé d'emporter un médicament antivenimeux même si, en réalité, il n'a guère d'effet sur le serpent QI.

Le narrateur raconte ensuite l'histoire d'un paysan qu'il a renontré sur la route menant de Dunxi à Anqing, qui s'était coupé la main après avoir été mordu, de sorte qu'il était toujours en vie. "Perdre une main contre la vie, avait-il dit, ça vaut la peine non ? Même la mante religieuse est capable de se débarraser de ses pinces quand elle n'arrive pas à se dégager... Les hommes valent-ils moins que les insectes ? Le renard aussi peut se ronger une patte pour s'échapper quand il est pris au piège. L'homme est bien aussi fort que le renard."

Pour en revenir au serpent et reprendre un extrait descriptif deux pages plus loin :

...Leur nom scientifique est Agkistrodon Acutus. Les deux spécimens étaient longs d'un mètre et moins gros que le poignet, leurs queues très effilées. Leurs corps étaient couverts de motifs triangulaires marron foncé et gris alternant d'une manière peu nette. Une autre appellation populaire leur donne le nom de "serpent échiquier". Lovés sur une pierre en montagne, ils ressemblent à une motte de terre. Quand on les examine de près, leur tête triangulaire marron terne, leur museau pointu terminé par une écaille en forme d'hameçon, leurs yeux mornes, leur confèrent un aspect comique de cupidité qui évoque immanquablement un personnage de clown de l'opéra de Pékin. En fait, ils ne se fient pas du tout à leur vue pour repérer leurs proies. Entre le museau et les yeux est logée une cavité qui sonstitue un organe sensible à la chaleur, particulièrement aux rayons infrarouges. Ils peuvent ainsi mesurer à trois mètres alentour un changment d'un vingtième de degré dans la température. Il suffit qu'un animal ayant une température plus élevée que la leur apparaisse dans les environs pour qu'ils le détectent et l'attaquent.

Note de BB : Le serpent QI fait partie des vipères, sous famille des crotales, et est considéré comme le serpent le plus dangereux d'Asie de l'Est. Il est également utilisé en médecine chinoise (à doses infimes, bien sûr) pour soigner l'arthrose et la fatigue musculaire.

mardi 6 août 2013

Le Wade-Giles

Le "Wade-Giles" (prononcer à l'anglaise) est le nom que l'on donne au premier système de romanisation des caractères chinois au milieu du XIXe siècle. Thomas Francis Wade, un officier anglais qui fut vice-consul de Shanghaï en 1952, avait transcrit, en 1859, les idéogrammes chinois en caractères romains en prenant soin d'y adjoindre des signes, comme l'apostrophe pour les consonnes fortement soufflées, le but étant de faciliter la prononciation des mots. Bien entendu, étant Britannique, son système phonétique se rapprochait de sa langue maternelle anglaise.

Thomas Francis Wade

En 1912, le dictionnaire Chinois-Anglais d'Herbert Giles fut édité et ce dernier avait apporté des améliorations au système de Wade. Le système de Wade-Giles fut utilisé par les anglophones jusqu'à la fin du XXe siècle.

L'approche de Wade fut reprise par les Chinois, dont le projet de transcription romaine de leurs idéogrammes débuta un an avant la finalisation du système de Thomas Wade, soit en 1958, lors de la 5ème session plénière de la toute nouvelle République Populaire de Chine. Le pinyin 拼音 (Pīnyīn en pinyin), qui peut se traduire par "assemblage de sons", fut adopté en 1979 par le gouvernement chinois.

Exemple des différences entre différents types de transcription du chinois :




jeudi 1 août 2013

La palette des couleurs - 颜色 (yán sè)



En Mandarin, lorsqu'on souhaite décrire une couleur, on place l'adjectif décrivant la couleur avant le mot qui veut dire couleur : 色 (sè).

LES PRIMAIRES

Rouge : 红色 - hóng sè
Bleu : 蓝色 - lán sè
Jaune : 黄色 - huáng sè

LES COMPLEMENTAIRES

Orange : 橙 色 - chéng sè
Vert : 绿色 - lù sè
Violet : 紫色 - zǐ sè

LES MELANGES

Rose : 粉色 - fěn sè
Turquoise : 青绿色 - qīng lù sè
Marron : 棕色 - zōng sè
Blanc cassé : 米色 - mǐ sè

LES BASES

Noir : 黑色 - hēi sè
Blanc :白色 - bái sè
Gris : 灰色 - huī sè

LES METALLIQUES

Doré : 金色 - jīn sè
Argenté : 银色 - yín sè
Cuivré : 铜色 - tóng sè

Pour indiquer la nuance de la teinte, on place l'adjectif correspondant à clair ou foncé avant la couleur (clair bleu couleur 浅篮色, par exemple, pour bleu clair).

Clair : 浅 - qiǎn
Foncé : 深 - shēn

mardi 23 juillet 2013

Lanternes célestes

Appelées également lanternes chinoises, lanternes thaïlandaises ou encore lanternes volantes, les lanternes célestes, ces ravissants bijoux de papier coloré sont utilisées les soirs de fêtes en Asie du Sud-Est depuis plusieurs centaines d'années. Ces petites montgolfières d'à peine plus d'un mètre de haut, sont en papier de riz (inifugé bien souvent) que l'on a fixé sur un cercle de bambou. Situé à la base et au centre, le brûleur constitué de papier/carton/coton imbibé de parafine est relié au cercle de bambou par 4 fils de métal ou tiges de bambou. Le principe est simple : l'air chaud dégagé abaisse sa densité, ce qui fait s'élever la lanterne. Leur durée de vie est en moyenne de 5 minutes et l'altitude atteinte varie de 200 à 500 mètres.

Le premier ballon à air chaud célèbre, la "Lanterne Kongming" (孔明燈), vit le jour, pardon, la nuit, en Chine pendant la dynastie des Trois Royaumes,  entre 181 et 234 de notre ère. Le grand stratège et Premier Ministre des Shu, Zhūge Liàng (諸葛亮 ou 諸葛孔明), décida d'utiliser des lanternes volantes à des fins de signalisation militaire. Cependant, l'historien scientifique sinologue britannique Joseph Needham (1900-1995) était persuadé que les Chinois utilisaient déjà ces lanternes 500 ans auparavant.

En Chine, les lanternes célestes sont devenues tellement populaires, notamment auprès des plus jeunes, qu'on finit par s'en servir lors des fêtes traditionnelles, ce qui est également le cas en Thaïlande. On en lâche souvent un grand nombre lors des anniversaires et des mariages  et surtout, lors de chaque pleine lune de novembre pour la fête des lumières. On dit que les voeux que l'on prononce en lâchant une lanterne se réaliseront dans l'année. Lors de décès, ces ballons lumineux symbolisent la montée de l'âme du défunt vers le ciel.

Le 15 du premier mois lunaire de chaque année a lieu la FETE DES LANTERNES en Chine. On la nomme yuán xiāo jié / 元宵节. Elle marque la fin de la célébration du nouvel an. L'origine de cette fête remonte à la dynastie des Han, au début de notre ère, époque où le bouddhisme était très populaire dans l'Empire du Milieu. L'empereur avait ordonné d'allumer des lanternes dans tous les temples et tous les palais afin d'honnorer Bouddha.
Durant la dynastie des Song du Nord (960-1127), des lanternes étaient portées par des danceurs cachés dans des dragons de papier, ce qui est courant de nos jours pendant les fêtes du Nouvel An.

D'un autre côté, une légende veut que le fils du ciel, l'Empereur de Jade, voulait se venger de la mort accidentelle d'un de ses oiseaux favoris provoquée par un chasseur. Pris d'une colère vive, il souhaitait détruire la cité. Une fée entendit son souhait et prévint le peuple, leur demandant d'allumer des lanternes dans toute la ville le jour prévu, ce que les habitants firent. Voyant de loin ces feux brillants, l'Empereur crut que la ville était en train de brûler. Satisfait, il s'en fut. Depuis ce jour, les gens ont pris l'habitude de célébrer le jour anniversaire de leur délivrance en transportant des lnternes dans les rues lors de la première lune de l'année. La tradition veut que l'on écrive des devinettes sur des bouts de papier que l'on colle dans les lanternes ou sur les murs de la ville.

yuán xiāo / 元宵 est le nom donné aux boules de farine de riz glutineux farcies de pâte de prunes ou de haricot noir, que l'on mange en dessert lors de cette fameuse fête. Ces friandises qui ressemblent à des globes oculaires sont cuites quelques minutes dans l'eau bouillante avant d'être servies. Ce nom viendrait du nom d'une servante de l'Empereur Wu Di de la dynastie Han.
J'ai appris que ces lanternes avaient fait parler d'elles en France, en 2008, après que des observateurs eurent signalé des OVNI au-dessus de l'île d'Yeu. Voir l'article du Figaro intitulé "Ile d'Yeu, le mystère enfin élucidé", . Il s'agissait, en réalité, de lanternes volantes lâchées par des touristes qui revenaient de Thaïlande. En 2010, des signalements équivalents furent rapportés dans le nord et on découvrit qu'il s'agissait, là encore, de lanternes célestes. Et pas plus tard que vendredi dernier, des amis et moi avons eu la surprise d'en voir une dans le ciel (alors que leur lâcher est interdit par la Préfecture de l'Hérault à cause des risques d'incendie). Cette apparition nous a beaucoup intrigués et c'est Sébastien qui a soupçonné qu'il s'agissait d'un de ces ballons merveilleux. Pour ma part, je n'en n'avais jamais vu avant.
 
Le dessin animé Raiponce ("Tangled") de Byron Howard, sorti en 2010, comporte une scène charmante avec ces jolis lampions nocturnes. J'imagine que ceci a grandement participé à populariser ces lanternes en Occident.

 
Plusieurs sites vendent des lanternes chinoises en ligne. On en trouve de différentes teintes et de différentes formes, avec des qualités variables. Pour des raisons de sécurité, on préférera celles en papier ignifugé, à amorce douce, type carton imbibé de parafine. Et surtout, il convient de respecter les règles d'utilisation et les autorisations préfectorales en vigueur. Plusieurs lancés ont eu lieu lors de ZAT (Zones Artistiques en Transit) à Montpellier.

dimanche 21 juillet 2013

Chronologie des dynasties chinoises





NB : Avant la dynastie Shang (haut du tableau), l faut ajouter la Dynastie Xia, qui n'apparait pas dans le tableau (2100-1600 av. J.C.)
Source : Introduction à la Chine, Charis Chan - Guide Olizane - 1996



Source : Song Yulin




Ateliers et stages : calligraphie et peinture


Mon amie Sophie souhaite vous informer de la tenue d'ateliers de calligraphie chinoise et de stages de peinture chinoise à Montpellier (à proposer à vos amis, élèves, aux adeptes de discipline taoïstes ou à vos connaissances, d'où qu'elles soient) :

J'anime à nouveau des ateliers d'initiation à la Calligraphie chinoise, entièrement gratuits,
à Pierresvives, aux Archives, Atelier de l'Histoire,

Montpellier
entre 10h30 et 12h30, les :
mercredi 24 juillet         mercredi 31 juillet
vendredi 26                   vendredi 2 août
samedi 27 juillet            samedi 3 août

Réservations au 04 67 67 37 00
Matériel fourni sur place.



Et d'autre part, voici les dates de stages de peinture chinoise
chez Sun Shanshan, mon professeur :
30, 31 juillet et 1er août 2013 (au choix)
journée entière de 9h à 12h et de 14h à 17h
15 €uros de l'heure, soit 90 € / jour
Repas de midi offert sur place...
35, rue de la Valfère, Montpellier

Vous pouvez prendre contact avec lui au
04 67 66 77 46 ou 06 76 93 35 45
son e-mail : sunshanshan@hotmail.fr"

Sophie Liottier


Image importée de : http://anciens.inalco.free.fr/201004_Voigt_aff_Mairie.htm
(Inalco = Institut Ntional des Langues et Civilisations Orientales, plus connu sous le nom de "Langues'O")

samedi 20 juillet 2013

Perdre son chemin (mílù) 迷路



C'est un recueil de courtes nouvelles écrit en 1991 par A Cheng (Editions de l'Aube), traduit en 1996 par Noël Dutrait, aidé, pour certains passages délicats, par MM. Jiang Mingbao et Hu Sishe.

Je viens de refermer le petit livre et j'en garde une sensation unique. C'est une chance que de tomber sur ces écrits mêlant poésie et réalisme. Plus qu'un livre, ces nouvelles constituent des instantanés de sensations immédiates, auditives et visuelles, à des moments que personne d'autre que A Cheng n'aurait eu l'idée de graver sur du parchemin. Une écriture qui va a l'essentiel, au ressenti pur, comme le ferait le pinceau du calligraphe aguéri.

Les nouvelles :

  • Perdre son chemin
  • Un banquet
  • La couchette
  • L'idiot
  • Au fil du chemin :
     Le ravin
     Le pont de corde
     Le bain
     Forêt profonde
     Montagnes enneigées
     Fond du lac

De prime abord, le texte m'a semblé très brut. Ce n'est qu'après plusieurs pages que je me suis rendue à l'évidence : il s'agissait là d'une oeuvre majeure d'un impressionniste de l'écriture. En quelques touches, A Cheng nous dévoile une toile qui représente un moment choisi de l'âpre vie rurale. A la manière d'un ethnographe, il réussit à faire ressortir les caractères saillants de situations quotidiennes ou de rencontres au bord d'un chemin. Le dénuement même des personnages converge avec la rigueur de la condition dans les campagnes pour nous présenter une famille, la nature, comme une universalité esthétique où la rugosité même fait ressortir l'extraordinaire et la simplicité de chaque petit moment de vie. Ceci est particulièrement saisissant dans la 2ème partie des récits "Au fil du chemin" (ma préférée : "Le pont de corde").

Extrait (dans : L'idiot) : 

"Mal à l'aise, je regardai Xiao Wen. J'allais ouvrir la bouche quand Yan Xing demanda soudain :
- Qui a fait cette calligraphie ?
Xiao Wen avait baissé la tête quand je m'étais levé. Elle la releva aussitôt et dit joyeusement :
- C'est mon père.
- Elle est belle, déclara Yan Xing en rougissant un peu.
Plissant les yeux, Lao Li but une gorgée d'alcool puis dit, les lèvres brillantes :
-Hum, cela fait déjà pas mal d'années.
- Le restaurant à côté de notre travail, dit Xiao Wen, eh bien, c'est mon père qui a peint son enseigne.
Yan Xing poussa une exclamation admirative en regardant Lao Li. Celui-ci leva ses baguettes et l'invita à manger. Toute contente, Xiao Wen évoqua ensuite un certain nombre d'enseignes que son père avait peintes. Yan Xing regardait Lao Li avec une admiration grandissante.
Ce dernier leva sa tasse vers moi en signe de défi :
- Et si tu nous faisais la critique de cette calligraphie ?
Plaisantant à moitié, je répondis :
- Je suis incapable de porter un jugement sur ta théorie des habits.
- Moi, je vais faire cette critique, s'écria Xiao Wen en agitant les mains. Je sais commenter les calligraphies de mon père.
- Toi ? demanda Yan Xing. Quand tu me laisses un mot, je n'arrive même pas à comprendre ce que tu as écrit.
Accusée, Xiao Wen se fourra dans la bouche la pointe de ses baguettes, puis répondit en se tortillant sur sa chaise :
- Tu n'y connais rien, c'est du style cursif !
- Eh bien, il ne faudra pas m'en vouloir si un de ces jours je me trompe d'endroit pour venir à ton rendez-vous.
Tout le monde éclata de rire."

A Cheng (阿城) est connu pour sa "Trilogie des rois" dont "Le roi des échecs" (1984), qui, à sa parution, a bousculé le milieu littéraire chinois. L'écrivain est né à Beijing en 1949. Dans la préface du "Roi des Echecs", A Cheng se présente à sa façon facétieuse : "Je m'appelle Acheng, nom de famille : Zhong... Né le jour de la fête de Qingming, je suis arrivé comme par étourderie au moment où les chinois célébraient leurs morts... Six mois plus tard était fondée la République Populaire de Chine. Ainsi peut-on dire que j'appartiens à l'ancienne société..."

Commentant le prénom que lui ont choisi ses parents, dont il a fait son nom de plume (en deux caractères séparés), il explique que ce prénon, Acheng, était très ordinaire mais qu'il traduisait l'intention de ses parents de commémorer la réussite de la stratégie révolutionnaire de Mao Zedong qui consistait à faire encercler les villes par la campagne. C'est qu'après une enfance tranquille parmi des intellectuels du cinéma, en 1966, lorsque commence la révolution culturelle, ses parents et lui sont envoyés à la campagne ; âgé de 17 ans, il faisait partie des "jeunes instruits" (知青) qui y passèrent un peu plus d'une décennie.

En 1979, A Cheng rentre à Beijing. Son entourage l'encourage à continuer de raconter des histoires, choses qu'il sait fort bien faire. Puis il décide de se lancer dans l'écriture de scénarios. La version cinématographique du "Roi des échecs" sort en 1986 ; c'est une réussite.

Modeste et simple, A Cheng se décrit ainsi : "En 1979, je suis rentré à Pékin où je me suis marié. J’ai trouvé un travail, j’ai eu un enfant… Une telle expérience ne dépasse pas l’imagination d’un Chinois moyen. J’ai vécu comme tout le monde, et je vis comme tout le monde, à la seule différence près que j’écris. Pour subvenir aux dépenses familiales, j’envoie les textes là où on les imprime... Comme un menuisier qui part chaque jour au travail, je suis un artisan. Je suis comme tout le monde, je n’ai rien de différent."


vendredi 19 juillet 2013

五花茶 - Thé aux 5 fleurs

La semaine dernière, je suis allée au grand magasin Paris Store, à Saint-Jean-de-Védas, avec Mathieu, qui souhaitait racheter des nouilles parfumées car ils en ont un grand choix. Il voulait aussi des canettes de Vinto, ces drôles de boissons gazeuses que l'on trouve dans les magasins indiens et qui ont un goût de Malabar.

De mon côté, je me suis fait une petite gâterie : un flacon de 50 cl de thé aux 5 fleurs (五花茶 - wu hua cha). C'est la première fois que j'en goûte (à boire très frais). Résultat des courses côté arômes : mention Bien. En plus, les propriétés des fleurs en question sont intéressantes. Pourquoi cette boisson dans un article sur la culture ? Tout simplement parce que j'estime que ses propriétés font partie de l'armada de la médecine chinoise, que je considère comme un élément important de cette culture. Et la façon de se nourir et de s'abreuver également.

Ingrédients : Eau purifiée, sucre roux, Chrysanthèmes, fleurs de Bombax, de vigne Kudzu, de Sophora japonica et de Chèvrefeuille.

Je me doute que ce n'est pas le hasard qui a fait choisir ces fleurs pour faire partie de ce breuvage raffraîchissant, à l'arôme dominant de Chrysanthème. La raison vient sans doute des bienfaits connus de chacune d'elles. Du moins en Chine...

Je détaille :

Le Chrysanthème (ju hua) - 菊花 est connu pour ses vertus calmantes et antiseptiques. Il combat les symptômes liés à l’hypertension artérielle. C’est un remède populaire utilisé surtout pour améliorer la vision et calmer les irritations oculaires.

Le Bombax (autres noms : Kapokier ou Fromager, Arbre aux amoureux). Si le tronc de ce grand arbre est surtout utilisé en Afrique pour faire des pirogues, on extrait également de l'huile (comestible et combustible) de sa graine. Quant à la fleur, elle est indiquée contre la constipation.

Antiseptique, anti-inflammatoire et antispasmodique, elle peut traiter les maux de dents, gingivites et aphtes, ainsi que les troubles intestinaux et les règles douloureuses. Certains l'utilisent pour soigner l'asthme et les maladies vénériennes. De son côté, le fruit constitue le kapok qui sert à rembourrer les coussins !

Le Kudzu, "dissipateur d'ivresse". On dit qu'il peut grandir de 300 m par an. C'est un grimpant qui s'agrippe à tout ce qu'il trouve. Ses fleurs en grappes pourpres sont utilisées depuis des millénaires en Chine pour lutter contre la migraine, l'hypertension, les acouphènes, les douleurs du cou et des épaules, mais aussi la gueule de bois. Elles seraient utiles au sevrage alcoolique autant que tabagique. Les flavonoïdes contenus dans sa racine participent à cet effet.
Le Sophora japonica (Hui hua). C'est un arbre qui ressemble un peu au jujubier, avec des fleurs qui font penser à celles du mélia. Ses vertus : riche en vitamines P (rutoside), ses fleurs tonifient les parois veineuses et les capillaires, limitant la perméabilité des vaisseaux et augmentant leur résistance. Utilisé en cas de fragilité capillaire : gonflements, couperose, bleus...

Le Chèvrefeuille (jin yin hua) - 金銀花 participe à faire baisser la fièvre et à éliminer les toxines. Ses propriétés antivirales font qu'on l'utilise contre les maladies infectieuses, notamment les inflammations intestinales, des seins ou de la gorge.

Étant donné que je n'ai pas accès à la composition exacte, c'est-à-dire aux pourcentages d'éléments actifs dans cette boisson, il m'est impossible de dire si les concentrations présentent ont véritablement une action bienfaisante, mais gageons qu'en boire fait plutôt du bien.