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Bandeau théière calli

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mercredi 24 décembre 2014

Noël et christianisme en Chine


Certes, on ne compte pas plus de 33 millions de chrétiens sur 1,3 milliards de Chinois en Chine (source : "Chinese spriritual life survey", 2010), mais cela ne m'empêchera pas de vous fêter un très joyeux Noël à tous.




Les "Chinese Family Panel Studies" (études des familles chinoises par sondages) on trouvé en 2012 que 0,4% de la population majoritaire du pays, les Han, étaient catholiques. Il semblerait que ce soit l'apôtre Thomas qui ait évangélisé une partie de la Chine entre l'an 65 et l'an 68 en arrivant à Lianyungang et remontant le fleuve Huang Ho jusqu'à LuoYang. Le prince Ying, beau-frère de l'empereur MingDi, aurait accueilli favorablement la prédication de Thomas et lui aurait affecté un terrain où une mission fut mise en place et une église construite en 67. Dès le IIe siècle, une importante communauté chrétienne est présente au Sichuan. L'actuel temple bouddhiste de LuoYang serait en réalité une réafectation d'une ancienne église. Un ensemble de rites issus d'un syncrétisme chamanisme-christianisme-bouddhisme-taoïsme est resté le rituel impérial officiel bien que le judaïsme et le christianisme de Chine s'avèrent être les plus anciennes religions chinoises constituées.

Des études sont en cours à partir de données franco-chinoises ainsi que de documents en araméen provenant des Actes de Thomas et d'autres sources indiennes ou irakiennes. Le musée Guimet à Paris est détenteur, lui aussi, de certains documents intéressants à cet égard. Néanmoins, le nombre restreint de bases iconographiques et documentaires ont été objectés à une telle interprétation. J'attends avec impatience le résultat des études en cours afin de conforter cette analyse ou de l'infirmer, le cas échéant.

Puisque je parle du christianisme en Chine, j'en profite citer le tout premier paragraphe de la magnifique saga de Mo Yan intitulée "Beaux seins, belles fesses" et traduit par Noël et Liliane Dutrait :

"Tranquillement étendu sur le kang, le pasteur Maroya vit qu'un rayon de lumière rouge éclairait la poitrine rose de la vierge Marie et le visage joufflu de l'Enfant Jésus aux fesses nues. L'été précédent, le toit avait pris l'eau et des traces jaunâtres maculaient la peinture à l'huile accrochée au mur de terre, conférant aux visages de la Sainte Mère et du Saint Fils une expression hébétée. "

J'ajoute au passage que le christianisme est redevenu légal en Chine depuis 1978, quoi que sous contrôle de l'Etat. Il semblerait que le gouvernement chinois vienne d'ordonner, quelques mois avant Noël, la destruction des croix ornant les temples protestants de la province du Zhejiang (Sud de Shanghaï). Les raisons officielles sont relatives à l'urbanisme. Plus précisément pour, ai-je lu, "contenir le développement anarchique de minorités religieuses qui ne respectent ni les lois d'urbanisme ni la Constitution du pays", mais les chrétiens, de leur côté, dénoncent une répression. Voir l'article et la video de Nouvelles de France du 28/12/14.

Dans l'ouvrage intitulé "Histoire de la civilisation - Notre héritage oriental", de Will Durant (Editions Rencontres, 1962), on peut lire en page 236, dans le chapitre Le règne de la morale, le passage suivant en astérisque, qui donne une interprétation historique vraisemblable du déclin du christianisme en Chine. Les divergences d'opinion entre jésuites d'un côté et dominicains et franciscains de l'autre en seraient la cause :

"Le christianisme a perdu toutes ses chances de réussite au début du XVIIIe siècle, du fait des querelles qui s'élevèrent en Chine même, entre les jésuites et les missionnaires appartenant à d'autres ordres catholiques. Les jésuites, en psychologues avisés, avaient imagnié des formules grâce auxquelles les éléments essentiels de la piété chinoise, à savoir le culte des ancêtres et l'adoration du ciel, pouvaient recevoir une enveloppe chrétienne sans déraciner des institutions profondément imprégnées dans l'âme chinoise et sans mettre en dnager son équilibre moral; les dominicains et les franciscains, par contre, dénonçaient toute la théologie et le rituel chinois comme étant des inventions du démon. L'empereur K'ang-hsi, souverain éclairé, était très sympathique au christianisme; il avait confié ses enfants à des précepteurs jésuites et il avait même songé, sous certaines conditions, à se faire lui-même chrétien. Lorsque l'Eglise, ayant à juger le différent, eut approuvé l'attitude ferme des dominicains et des franciscains, K'angh-hsi retira l'appui qu'il prêtait au christianisme. Quant à ses successeurs ils décidèrent de le combattre vigoureusement. Plus récemment, l'impérialisme avide de l'Occident enleva de l'autorité à sa prédication et favorisa le développement de la passion anti-chrétienne chez les révolutionnaires chinois."


PS : la nouvelle Constitution chinoise prévoit de préserver les minorités. Néanmoins, un internaute qui semble chinois a précisé sur le forum de l'article cité qu'il s'agissait de minorités ethniques (et non de minorités religieuses).



jeudi 11 décembre 2014

Apprendre avec des cartes


Les jeunes chinois apprennent les caractères du mandarin grâce à des cartes où sont représentés d'un côté les caractères et de l'autre un visuel ou leur translation en pinyin (phonétique chinoise en caractères latins).

Microsoft a pensé à une nouvelle application utilisable sur Windows : le Quiz des caractères chinois, téléchargeable gratuitement sur leur site de téléchargement. 

 pour la page de téléchargement.

Ce jeu s'inspire donc de la méthode traditionnelle d'apprentissage. Il contient 3.200 cartes/caractères, dont ceux demandés à l'examen du HSK.



Le jeu se déroule ainsi :

  1. Sélectionnez le niveau de difficulté qui vous convient
  2. Une pile de cartes apparaît : celles des "caractères connus"
  3. Les cartes s'affichent l'une après l'autre de façon aléatoire
  4. Vous vérifiez la prononciation et la traduction du caractère affiché sur la carte
  5. Vous décidez sur quelle pile placer cette carte, parmi les caractères :
  • connus (que vous avez assimilés)
  • incertains (en cours d'acquisition)
  • inconnus (jamais appréhendés)


Vous avez terminé votre partie lorsque toutes les cartes se retrouvent sur la pile des caractères connus.





Histoire de la médecine chinoise en Europe



HISTOIRE DE LA MEDECINE CHINOISE EN EUROPE

Transmission et réception des savoirs, du XVIIe au XXe siècle

par Eric MARIÉ

Le vendredi 12 décembre 2014, de 14h30 à 15h30

Salle Pétrarque2 Place Pétrarque - MontpellierTram ligne 1, arrêt ComédieEntrée libre



La fin du XVIe siècle voit l'arrivée des premières transmission du savoir médical de la Chine en Europe, mais c'est principalement à partir de la fin du siècle suivant et durant tout le XVIIIe siècle qu'elles prennent de l'ampleur, allant jusqu'à influencer plusieurs courants de médecine, notamment à Montpellier.

Dès lors que des traités ont été rédigés en langues occidentales sur la MTC, l'intérêt des Européens s'est accru progressivement jusqu'à être au centre de grands débats dans les milieux savants des grands siècles.

L'objet de la conférence d'Eric Marié est de présenter la manière dont se sont positionnés les échanges médicaux entre la Chine et l'Europe pendant les trois derniers siècles, mais aussi d'évoquer les intérêts suscités par le système médical chinois, ainsi que les difficultés rencontrés par les Européens pour en saisir la teneur. La conférence portera également sur les problèmes de traduction et leurs conséquences. Eric Marié présentera une analyse de la confrontation entre les deux médecines, avec les répercussions historiques, épistémologiques et médicales jusqu'à aujourd'hui.

Docteur en médecine traditionnelle chinoise (MTC) de l'Université de Jiangxi et Docteur en histoire et civilisations de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS - Paris), Eric Marié est le responsable pédagogique des diplômes universitaires MTC à la Faculté de médecine de Montpellier. Auteur de très nombreuses publications sur la médecine et la pharmacopée chinoises, ce véritable érudit dirige l'unité pédagogique des diplômes universitaires de troisième cycle de MTC à Montpellier.


dimanche 30 novembre 2014

Une touche de Chine au Shangri-la Palace


Lorsque je suis passée à Paris le mois dernier, mes cousine et nièce Marie-Hélène et Héloïse sont venues visiter avec moi l'exposition sur les Han au Musée Guimet (MNAAG - Voir article du 6 novembre 2014).

En sortant, Marie-Hélène a décidé de nous offrir un thé dans un hôtel 5 étoiles de la capitale ouvert en 2011 : le Shangri-la, un élégant palace du XIXe siècle qui fut la résidence du neveu de Napoléon Bonaparte, le Prince Roland Bonaparte, et où le service est un maître mot. Il est situé juste en face du Musée Guimet, à 2 pas du Trocadéro.

L'entrée avec son chasseur attentif :


Le restaurant sous la verrière :



Dans le salon-restaurant Bauhinia en rotonde que surplombe une magnifique verrière, nous avons pu goûter au raffinement de thés chinois de renom, dégustés dans un cadre à la mesure du lieu, orné de grands vases de céramique d'inspiration chinoise.


Le Shangri-la Palace, qui a repris le nom de l'utopique lamasserie tibétaine du roman "Lost Horizon" (1933) de l'écrivain anglais James Hilton (repris au cinéma par Frank Capra en 1937), a décidé de mettre l'accent sur la cuisine chinoise et plus particulièrement sur la cuisine de Canton que prépare le chef Frank Xu (photo ci-dessous).


Parmi les plats concoctés par le chef, des spécialités authentiques de l'art culinaire de Canton, au sud de la Chine, région réputée pour sa cuisine de gourmets. Frank Xu est fils et petit-fils de cuisiniers; il est natif de ShenZhen, près de HongKong. Au Shangri-la, il est entouré de quatre sous-chefs cantonais.

Shangri-La Palace Hotel
10 Avenue d'Iéna
75116 Paris

01.53.67.19.92
shangpalace.slpr@shangri-la.com


Les minorités ethniques à la Maison de la Chine



CONFERENCE - PARIS


La Maison de la Chine présente 

Les minorités ethniques face à la politique économique néocolonialiste des Hans

Le 15 décembre 2014 à 18h30



Présentation de la conférence par La Maison de la Chine : 


"Les Hans représentent 92% de la population chinoise sur un tiers du pays. Réparties en 55 ethnies minoritaires, cent dix millions d'autochtones continuent à se défendre contre la politique d'intégration menée depuis 1949.

Sous couvert de développement économique, le PCC a lancé un véritable mouvement de colonisation et de confiscation des terres ou des richesses du sous-sol, depuis deux décennies. Les contestations tibétaines et ouighoures, les heurts inter-ethniques en Mongolie intérieure se sont multipliés, face à l'interdiction des cultures et des religions locales, à la destruction des modes de vie et aux inégalités grandissantes."

Alain Wang, qui présente la conférence, est sinologue et journaliste. Il enseigne à l'Ecole Centrale de Paris. Auteur de nombreux articles, co-auteur de La Chine nouvelle, Larousse (version réactualisée 2012) et de Géopolitiquement correct et incorrect, Editions Taillandier (2014), et traducteur de plusieurs ouvrages du Dalaï Lama, dont Penser aux autres et La voie du bonheur, aux Editions Plon (2012).

Selon Joël Thoraval, anthropologue, ethnologue et historien, "l'affirmation au XXe siècle d'une nation chinoise moderne, sous le gouvernement du Guomindang puis sous celui des communistes, a nécessité la prise en compte simultanée de deux types de différences : celle qui oppose la Chine aux autres nations (c'est la question du nationalisme moderne) et celle qui met en rapport les diverses populations occupant le territoire de l'ancien Empire des Mandchous (c'est le problème des ethnies minoritaires). La définition de ce que signifie être Chinois dans le cadre d'un Etat-nation moderne est contemporaine de la volonté de préciser la relation existant entre "Han" et "non-Han".

L'intelligence de cette question et l'appréciation des problèmes de la situation actuelle demandent que soient clarifiés le sens et les différents usages d'un concept commun, "Minzu", ayant servi au cours du siècle dernier à désigner des réalités aussi diverses que la race, l'ethnie, la "nationalité" ou la nation moderne."

La question de la nationalité en Chine est une question très complexe et les chefs du Parti continuent de s'interroger sur la façon de l'aborder pour à la fois intégrer ou garder les différentes ethnies et leurs territoires au sein de la nation tout en leur apportant sa propre culture et, face à une opinion publique internationale souvent sur la défensive, montrer une image présentant la Chine comme ouverte aux différentes cultures et prompte à les sauvegarder, en apportant une amélioration dans le bien-être et l'économie de marché.


N'est-il pas intéressant, à ce propos, de voir comment les chants et danses ethniques sont mis en avant par le pouvoir suprême (un peu comme la culture amer-indienne aux Etats-Unis) en même temps que les Chinois Han imposent leur propre culture sur tout le territoire qu'ils se sont appropriés dans l'Histoire ? Ne devons-nous pas nous questionner sur cette notion d'ethnicité et tenter de comprendre pourquoi des Tibétains s'immolent et pourquoi des Ouighours posent des explosifs dans des endroits très fréquentés ? Souhaitons, en tout cas, que les peuples divers qui font ce grand territoire arrivent un jour proche à s'entendre et à fonctionner côte-à-côte sans heurts et dans le respect mutuel. Pour cela, il ne serait sans doute pas vain d'entamer de vrais dialogues constructifs de part et d'autre.



La Maison de la Chine
Maison de Voyages
76 rue Bonaparte
75006 PARIS


Tél. : 01.53.63.39.18



mardi 25 novembre 2014

Mélodie de Bambou - 2


En partenariat avec l'Institut Confucius de Montpellier (ICM) et en collaboration avec l'Institut éponyme de Copenhague, 


la Chapelle Gély nous invite à l'événement 

"Mélodie de Bambou" - 2

ce mardi 25 novembre 2014 


C'est une rencontre entre plusieurs grands solistes chinois et des artistes locaux au parcours d'explorateurs dans les musiques du monde, un dialogue énergisant et gai qui laisse place à l'émotion. Ce moment musical fera se côtoyer la tradition des instruments comme le Guzheng, le Guqin le Pipa, l'Erhu ou encore le Dulcimer, avec la modernité et l'élan du jazz avec des antennes créatives qui puisent leurs sources un peu partout sur le globe.

Zhao Xiaoxia, connue comme la "reine des joueuses" de Guqin, sera accompagnée à cette occasion par l'immense trompettiste Michel Marre et le non moins talentueux percussionniste de jazz Denis Fournier.

L'ouverture se fera à 18h30. L'entrée est libre.
Bar et petite restauration sur place

La Chapelle Gély

170 rue Johachim du Bellay
34070 Montpellier

Bus : 11 - Arrêt "Saint-Gély"
Tram : 3 - Arrêt "Plan Cabanes"
Proximité : Parc de la Guirlande

Tél. : 04.67.42.08.95
Email : administration@lachapelle-gely.com


Festival cinématographique "Shadows" à Paris



Le Studio des Ursulines à Paris présente :


Le Festival Shadows du cinéma indépendant chinois


du 21 au 29 novembre 2014


Les films chinois indépendants sont encore méconus en France. Le Festival Shadows permet de découvrir la réalité de ce cinéma dans une Chine en constante mutation, où la quête d'identité est omniprésente. Le regard que ces cinéastes portent sur leur société et sur le monde en général sort du commun et ce cru 2014 s'annonce porté vers un contenu sans doute un plus artistique que politique. Bien que certaines pressions sous-tendent la diffusion des films sortant des conventions nationales, la Chine y vient peu à peu et ce type de cinéma rentre par la petite porte dans les institutions. 

Les thématique de cette 8e étidition est éclectique et recouvre pas moins d'une quinzaine d'oeuvres de fictions, documentaires, films d'animation et films expérimentaux. Les thèmes vont de la représentation de la mort et des rituels funéraires dans la fiction au cinéma Gay, en passant par les problématiques ethnographiques relatives au travail même du cinéaste. Chaque séance est présentée par un membre de l'équipe suivie d'un échange avec les cinéastes chinois invités.

La programmation :



Les studios des Ursulines :
10 rue des Ursulines
75005 - Paris
RER : station Luxembourg

Des projection hors les murs se déroulent dans les université et lieux partenaires de l'événement :

  • Institut National des Langues et Cultures Orientales - INALCO
  • Université de Paris I - La Sorbonne
  • Université de Paris VIII - Vincennes
  • Maison de la Chine


Foire Internationale de Guangzhou - 广州国际艺术博览会




Le gouvernement chinois et les autorités culturelles de Guangzhou (Canton) sont heureux de promouvoir la :

19e édition de la Foire Internationale d'Art de la ville 

(广州国际艺术博览会)


qui se tiendra du 4 au 8 décembre 2014


au Guangzhou International Convention Center


Pour marquer le 50e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et la France, plusieurs dizaines d'oeuvres d'artistes français y seront exposés exceptionnellement. La Foire Internationale d'Art de Canton prévoit la participation de 200 exposants de tous horizons géographiques.

Pour plus de détails, le site officiel en langue chinoise :

et :

Guangzhou International Convention Center
NO. 1039-1045 Baivun Ave. South. 
Baivun District
Guangzhou
Chine
Tél. : +86-15815882752
Email : Lanssie@yeah.net


mardi 18 novembre 2014

L'ICM à l'Automne International


L'institut Confucius de Montpellier (蒙彼利埃孔子学院 - ICM) nous informe que l'association tiendra un stand au salon :


Samedi 22 novembre 2014
de 10h à 17h
A la Maison des Relations Internationales*




Le salon regroupe des professionnels de la région dans le domaine des cours de langue et des séjours linguistiques lycéens à l'étranger (formations, stages, au-pair, jobs). L'Automne International a été créé l'an dernier, en 2013, et reconduit cette année pour les étudiants, jeunes actifs et tous ceux qui souhaitent partir à l'étranger et/ou apprendre une langue (la brochure officielle indique "apprendre une langue du bon pied", mais l'expression m'a parue inappropriée).


* Maison des Relations Internationales
  Hôtel de Sully
  14 Descente en Barrat
  34000 Montpellier
  (près du Corum)


La médecine chinoise en 367 pages


Le Dr Jean-marc EYSSALET, qui est médecin acupuncteur et directeur de l'Institut de développement en énergétique et sinologie de Paris a co-écrit, avec Evelyne MALNIC, journaliste et écrivain, un très intéressant guide pratique sur la médecine chinoise traditionnelle.


Dans cet ouvrage paru chez Odile Jacob en 2010, vous trouverez :

  1. Les clés de la médecine chinoise (Yin et Yang, les 5 mouvements, calendrier chinois...)
  2. La notion d'aliment et les cinq mouvements ainsi que les quatre aspects (vitalité, saveur, énergie, texture)
  3. L'esprit des quatre saisons, avec une explication pour chacune et des exercices
  4. Des recettes pour toute l'année, divisées en saisons
  5. Une explication des aliments avec leurs propriétés
  6. Les diagrammes du calendrier chinois : symboles et hexagrammes


Pour exemple, une recette au hasard extraite de l'ouvrage (p. 288) :

GALETTES DE FLOCONS D'AVOINE


Ingrédients :

  • 1 tasse de flocons d'avoine
  • 1/2 tasse de farine complète de blé
  • 1/2 l de lait de soja
  • 1 oeuf
  • 1 cuil. à soupe de graines de sésame
  • 1 cuil. à café d'huile de sésame
  • 1 cuil. à café de sel


Mélangez dans une grande terrine les flocons d'avoine et la farine avec 25 cl de lait de soja. Salez et laissez reposer plusieurs heures.

Incorporez l'oeuf battu et les graines de sésame. Remuez bien à la cuillère pour obtenir un mélange homogène; ajoutez du lait de soja jusqu'à obtention d'une consistance de pâte à galettes ou à crêpes.

Faites chauffer l'huile de sésame dans une poêle. Versez la pâte à l'aide d'une louche de manière à former une petite galette.

Laissez cuire 5 minutes en retournant à mi-cuisson

FONCTIONS THÉRAPEUTIQUES :

  • L'avoine (...) nourrit le Yin du poumon, tonifie le coeur, le Yang et l'énergie, calme l'esprit et renforce les tendons.
  • La farine de blé (...) calme l'esprit, nourrit le coeur et le Yin. Elle augmente la force corporelle.
  • Le lait de soja (...) tonifie le vide, clarifie les poumons, lubrifie les intestins.
  • L'oeuf de poule (...) tonifie la rate, voyage vers les reins et apaise le coeur.
  • Les graines de sésame (...) accroissent le principe vital (Jing), nourrissent le Yin, lubrifient les intestins et sont utiles aux cinq organes.


INDICATIONS :

Bronchite avec sécheresse des poumons, toux sèche, tendance dépressive, fatigue sexuelle, conséquences pulmonaires d'une insuffisance cardiaque.


dimanche 16 novembre 2014

Ateliers à Guimet


Programme des ateliers du Musée National des Arts Asiatiques - Guimet (MNAAG) 
Fin 2014 - début 2015


ATELIERS


Samedi 6 décembre - 10h30 - 12h30 /14h - 16h
JEUX DE PINCEAUX CHINOIS, avec Fong Jok Wah
Durée 4h
Tarif : 52 €
Réservation obligatoire :
resa@guimet.fr
ou au 01 56 52 53 45
R.V. : MNAAG, salle des bambous (Rez de jardin)

Stages de deux jours,
10h15 - 12h45/14h - 16h

Vendredi 19 novembre - 14h
PEINTURE CHINOISE "LE SERPENT ET LE DRAGON
Avec Liu - (A partir de 7 ans)
A vos pinceaux pour peindre les motifs traditionnels de la peinture chinoise.



STAGES DE PEINTURE CHINOISE
Durée : 10h
Tarif : 104 € par stage
Réservation obligatoire :
resa@guimet.fr
ou au 01 56 52 53 45
R.V. : MNAAG, salle des bambous (Rez de jardin)

VARIATIONS TECHNIQUES : BRUMES ET ENCRES JETEES
Vendredi 19 et samedi 20 septembre
Les ivresses de Lian Kai et les excentricités de Xu Wei permirent à ces deux grands maîtres de la peinture chinoise de se libérer de la technique classique du pinceau pour expérimenter les richesses expressives de l'encre jetée. A l'exemple de Zao Wou-ki et avec l'impertinence permise aux artistes, Wong Wa invitera donc chacun à laisser tomber les pinceaux

CHEVAUX VOLANTS 
(En lien avec l'exposition Splendeurs des Han, essor de l'Empire céleste)
Vendredi 12 et samedi 13 décembre
Pour son rôle dans les conquêtes militaires et l'économie, pour sa place dans les usages funéraires ou les plaisirs des cours impériales, le cheval a eu un rôle essentiel dans la culture chinooise.Signe de fougue, de puissance et d'autorité, il constitue un thème privilégié dans l'art chinois, qu'il s'agisse de la sculpture ou de l'art de l'encre.

LES REVERIES DE HAN SHU LI
Vendredi 9 et samedi 10 janvier 2015
Impressionné par les paysages et le mode de vie tibétains, Han Shu Li a animé sa peinture d'une dimension onirique. Il a ainsi non seulement innové au sein de la peinture chinoise mais aussi contribué à un nouvel élan au sein de l'art tibétain.



10 SEANCES AVEC FABIENNE TEYSSIER-MONNOT

CARNETS DE DESSINS
Tous les mercredis et jeudis à 14h
Inscription vendredi 5 septembre à 10h (à priori)
Durée : 2h/Tarif : 12 €
10 séances : 110 €
Réservation obligatoire :
resa@guimet.fr
ou au 01 56 52 53 45
R.V. : MNAAG, devant l'auditorium (Rez de jardin)


samedi 15 novembre 2014

Films et documentaires au musée Guimet


Programme culturel sur la Chine au Musée National des Arts Asiatiques - Guimet (MNAAG) du 17 novembre au 15 décembre 2014.

DOCUMENTAIRES ET FICTIONS




Lundi 17 novembre - 12h15 : L'EMPEREUR ET L'ASSASSIN (Jing Ke Ci Qi Wang), fiction de Chen Kaige, 2001, 2h43', VOSTF. Au 3e siècle av. J.-C., alors que la guerre d'unification fait rage depuis deux siècles, Yin Zhen, le roi de Qin, désire réunir les 7 royaumes en un seul gigantesque pays et ainsi devenir le 1er empereur de Chine.

Mercredi 19 novembre - 12h15 : LA GRANDE MURAILLE - 1ère partie : AUX ORIGINES DE L'EMPIRE. Documentaire de Wenqing Zhang et Michel Noll, 2014, 52'. La génèse de l'Empire chinois. La première dysnastie, celle des Qin, en mettant fin aux guerres des royaumes, unifia l'immense territoire de l'empire du Milieu deux cents ans avant notre ère. C'est à Xi'an, la capitale, que fut ordonnée la construction de la Grande Muraille, symbole de l'Empire naissant.

Mercredi 26 novembre - 12h15 : HERO (Yin Xiong), fiction de Zhang Yimou, 2002, 1h35', VOSTF. En 230 av. J.-C., la Chine est victime de luttes incessantes. Le roi de Qin souhaite unifier les 7 royaumes rivaux. Le chevalier Sans Nom se présente à son palais et prétend avoir éliminé trois guerriers du royaume de Zhao dépêchés pour assassiner le roi.

Vendredi 28 novembre - 12h15 : LA GRANDE MURAILLE - 2e partie : ARTISANS DE LA CHINE ÉTERNELLE. Documentaire de Wenqing Zhang et Michel Noll, 2014, 52'. Avec l'arrivée des Han, l'Empire s'installe durablement et devient une réalité géopolitique. La stabilité générée par la Muraille permet l'avènement de l'âge d'or de la Route de la Soie.

Mercredi 3 décembre - 12h15 : LA GRANDE MURAILLE - 3e partie : LES SENTIERS DE LA MÉMOIRE CHINOISE. Documentaire de Wenqing Zhang et Michel Noll, 2014, 52'. Nouvel essor avec l'arrivée des Ming au XIVe siècle. Les nouveaux empereurs lancent une véritable refondation de la couronne, et avec elle, de son édifice le plus symbolique. Ils construisent de véritables fortifications autour de villes-garnisons le long de la Muraille, accueillant ainsi la plus grande partie de l'armée qui compte à ce moment-là près d'un million d'hommes. Mais les Ming sont chassés par les Qing de Mandchourie qui s'installent à la Cité interdite et au Palais d'Eté de Pékin, devenant les "derniers empereurs" de la Chine. Aujourd'hui, la Muraille est une métaphore pour l'ensemble des traditions millénaires de la Chine.

Mercredi 10 décembre - 12h15 : LES 3 ROYAUMES (Chi Bi). Fiction de John Woo, 2008, 2h25', VOSTF. En 208 après J.-C., la Chine est divisée en trois royaumes rivaux. L'ambitieux premier ministre Cao Cao rève de s'installer sur le trône d'un empire unifié et se sert de l'empereur Han Xiandi pour attaquer le royaume de Shu, dirigé par Liu Bei. Ce dernier dépêche son conseiller militaire Zhuge Liang pour tenter de convaincre le roi Wu d'unir ses forces aux siennes.

Vendredi 12 décembre - 12h15 : LA REVANCHE DE HAN XIN, UN MYSTÈRE TAOÏSTE. Documentaire de Patrice Fava, 2005, 1h35'. Après cinq années de combats héroïques, le général Han Xin a défait les armées de Xiang Yu et porté au pouvoir Liu Bang, qui fonde la dynastie des Han. Jaloux de la popularité et du charisme de Han Xin, l'empereur le fait assassiner pour complot contre le trône. A sa mort, dit-on, le ciel vira au noir et ses mânes s'envolèrent dans l'au-delà. Ce documentaire nous plonge au coeur d'une tradition rituelle et ésotérique très ancienne et méconnue.

Lundi 15 décembre - 12h15 : WU JI, LA LÉGENDE DES CAVALIERS DU VENT. Fiction de Chen Kaige, 2006, 1h43', VOSTF. Sur un champ de bataille, la petite Quincheng en quête de nourriture se retrouve face à la déesse Manshen qui détient la carte du destin. Elle aide l'enfant, lui promet la gloire et la fortune, mais la condamne à ne jamais vivre le véritable amour. Kunlun tentera de la délivrer de son destin.





vendredi 14 novembre 2014

Conférences à Guimet - Les Han


Programme des conférences et journée d'étude au Musée National des Arts Asiatiques - Guimet (MNAAG) de novembre à décembre 2014 (le jeudi).

LA CHINE DES HAN A LA LUMIÈRE DE L'ARCHÉOLOGIE



20 novembre - 12h15 : L'EMPIRE ROMAIN DANS LES SOURCES CHINOISES ANCIENNES, par Damien Chaussende, chargé de recherches au CNRS. D'après les notices dans les histoires officielles chinoises depuis la dynastie des Han.

4 décembre - 10h30 à 17h30 : Journée d'étude : LA CHINE DES HAN A LA LUMIÈRE DE L'ARCHÉOLOGIE. Archéologues et historiens mettront en lumière leurs découvertes les plus récentes et le résultat de leurs recherches. Interventions de Yao An (Agence Art Exhibition of China), Wang Hui (Institut archéologique du Gansu), Hou Ningbin (musée du mausolée impérial Yangling), Li Yinde (musée du site de la tombe du roi de Chu à Xuzhou).

11 décembre - 12h15 : LA RELIGION DES HAN : le culte impérial, les célébrations locales et les rites privés, par Marianne Bujard, directeur d'études à l'École française de l'Extrême-Orient.

18 décembre - 12h15 : LES DEMEURES D'ÉTERNITÉ DE LA DYNASTIE DES HAN et leur postérité, par Catherine Delacour, ancien conservateur de la section Chine au MNAAG. Il sera, entre autre, question des mingqi, une des plus curieuses créations dans le domaine.



samedi 8 novembre 2014

Stage Qi Gong et Calligraphie à Villeneuve


Le samedi 29 novembre 2014 
de 14h à 17h30

Un stage mixte Qi Gong et calligraphie chinoise est organisé à 
Villeneuve-les-Maguelone (Hérault)

STAGE

Qi Gong etCalligraphie Chinoise

Samedi 29 novembre 2014


de 14h à 17h30 - Salle de la Chapelle
Villeneuve-les-Maguelone (Hérault)

Au programme :

1h30 de Qi Gong en extérieur (prévoir tenue confortable)
1h30 de Calligraphie chinoise (matériel fourni)
Pause "thé gourmand" offerte entre les 2 ateliers

Tarif : 30 €/pers. (33 €)


Inscriptions : Association Villeneuve Arts Loisirs
Centre Bérenger de Frédol - Au 1er étage.
Tél : 04 67 69 24 98
Animatrice : 06 03 03 59 55

La salle de la Chapelle est rue des Pénitents, à deux pas de la Mairie.
Tél : 06 03 03 59 55 pour tout renseignement

Intervenantes :
Marie-Christine Evrard
Sophie Liottier


jeudi 6 novembre 2014

Splendeurs des Han à Guimet


Voici une exposition qui vaut le déplacement : 

Affiche de l'exposition

C'est le Musée Guimet à Paris (ou Mnaag pour Musée national des arts asiatiques-Guimet) qui présente l'exposition, qui reste en ses murs du 22 octobre 2014 au 1er mars 2015.

J'ai eu le bonheur d'y faire un tour la semaine dernière et j'aimerais vous donner l'envie de vous y rendre vous aussi. L'exposition met en scène une période importante de l'histoire de la Chine. Les oeuvres présentées relèvent principalement de la sphère funéraire et évoquent aussi bien les activités quotidiennes que l'art de vivre d'une aristocratie impériale. 

Au IIIe siècle avant notre ère, en 259 avant J.-C., le premier empereur, le fameux Qin Shi Huangdi arrive au pouvoir au terme de vingt années de conquêtes militaires. Il oeuvre en faveur de la centralisation du système administratif, mais aussi pour l'unité territoriale et pour celle de l'écriture, de la monnaie, des poids et mesures, assurant ainsi peu à peu la cohésion de l'Empire du Milieu.

L'oeuvre la plus marquante de la visite est le linceul de jade du prince de Chu :

Linceul de jade blanc du 3e prince de Chu

Ce costume funéraire fait de plaques de jade cousues entre elles par d'épais fils d'or constitue la prescription la plus élevée de la toilette funéraire dans les rituels d'inhumation de la dynastie Han. A la fin des Han occidentaux (206 av. J.-C. - 9 apr. J.-C.), l'emploi de tels linceuls était l'apanage unique de l'empereur. Pour les personnages de rangs inférieurs au sien, les plaques de jade étaient reliées avec du fil d'argent ou de cuivre. Le costume ici présenté a été réalisé pour le troisième prince de Chu. Il comporte 4.248 plaques de jade blanc de Khotan (Xinjiang) et 1.576 kg de fils d'or.

Les substituts funéraires (MingQi) que l'on peut voir dans l'exposition sont liés à la disparition de la pratique des sacrifices humains et animaux, pratique peu à peu remplacée par des figurines de bois puis de terre cuite, comme les réputés soldats de terre du mausolée de Qin Shi Huangdi à Xi-An.

Substitut funéraire (MingQi)

Parmi les figurines et objets rituels, cette statuette de bois représentant une joueuse de Guqin m'a particulièrement émue :

Joueuse de Guqin

Au rythme des saisons, les banquets qui accompagnaient les cérémonies occupaient une place centrale dans la société Han. Les préparatifs du repas sont souvent évoqués par des substituts funéraires . Les libations sont aussi prétexte au jeu; ainsi un dé précieux provenant de la tombe de la princesse Dou Wan montre que le sort déterminant le gage était lié à l'absorption de boisson alcoolisée. La musique a aussi sa place et le tout rappelle l'abondance correspondant au rang social du défunt ou de la défunte.

Quelques objets comme des disques de bronze (dos de miroirs) ou de jade ont également attiré mon attention :

Disque de jade (Bi)



Dos de miroir en bronze Han



Ou encore quelques sapèques (on pouvait même en voir un moule) :

Sapèques Han

L'élément textile est également présent, notamment cet étrange morceau de tapisserie qui semble représenter un soldat romain :


Les objets exhumés dans les tombes de l'époque des Han illustrent les conceptions de l'âme et de l'au-delà. Les textes anciens indiquent une idée dualiste de l'âme. On considère qu'après le décès, l'âme "hun" aspire au ciel et l'âme "po" à la terre. Le rituel funéraire du rappel de l'âme, au cours duquel on utilise des bannières, est lié à l'aspiration céleste de l'âme "hun". Sur les bannières retrouvées lors de fouilles, le soleil et la lune symbolisent l'espace céleste. Dans le décor des tombes, cette évocation du ciel est souvent complétée par la figuration des quatre divinités des points cardinaux : le dragon vert, le tigre blanc, l'oiseau rouge et le guerrier noir.

Dans les croyances de Han, l'île Penglai, qui abrite les immortels, et le mont Kunlun, lieu de séjour de la Reine-Mère de l'Ouest (divinité associée à l'immortalité) sont des espaces paradisiaques.

Autour de l'exposition, le Musée Guimet propose des conférences et une journée d'étude:

  • Jeudi 20 novembre : "L'empire romain dans les sources chinoises" par Damien Chaussende, chargé de recherches au CNRS.
  • Jeudi 4 décembre : Journée d'étude organisée par l'Art Exhibitions China, le Mnaag et le Centre de recherche sur les civilisations de l'Asie orientale (CRCAO).
  • Jeudi 11 décembre : "La religion des Han : le culte impérial, les célébrations locales et les rites privés", par Marianne Bujard, directeur d'études à l'Ecole Française d'Extrême-Orient.
  • Jeudi 18 décembre : "Les demeures d'éternité de la dynastie des Han", par Catherine Delacour, ancien conservateur de la section Chine du Mnaag.
  • Jeudi 8 janvier : "Nouvelles découvertes de livres et documents de la dynastie des Han", par Olivier Venture, maître de conférences à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes.
  • Jeudi 15 janvier : "Les tombes princières à l'époque des Han de l'Ouest, faste temporel et diversité culturelle", par Eric Lefebvre, conservateur au Mnaag, commissaire de l'exposition.


Le Musée projettera également plusieurs films documentaires, archéologiques et de fiction où la figure emblématique de Liu Bang, fondateur de la dynastie, sera présente. Les thèmes du taoïsme, du confucianisme et du bouddhisme seront aussi évoqués, notamment dans le surprenant film de Hu Mei intitulé Confucius (inédit en France - projection le 12 novembre), ainsi que la route de la soie.

Pour voir le programme détaillé, rendez-vous sur :

ou :
ou encore par téléphone au : 01 40 73 88 18

Musée Guimet (Mnaag)
6 place d'Iéna
75116 Paris
(Métro Iéna)
Tél. : 01 56 52 53 00


mardi 21 octobre 2014

Eric Marié et la médecine chinoise


A l'invitation de l'Institut Confucius de Montpellier, je me suis rendue le 17 octobre dernier (2014) à une conférence du Professeur Eric MARIÉ en salle Pétrarque (Montpellier) sur la médecine traditionnelle chinoise. Eric MARIÉ est Docteur en médecine chinoise de l'Université du Jianxi et dirige l'unité pédagogique des diplômes d'université du 3e cycle de médecine chinoise à la Faculté de Montpellier; il est également Docteur en Histoire et Civilisations et rattaché à l'Université de Lyon 3 pour la recherche sur la médecine chinoise en Chine et en Europe (sa thèse porte sur la sphygmologie en Chine et en Europe jusqu'au XVIIIe siècle).




Ce que j'en ai retenu : 

Contrairement à la médecine occidentale (MO), la médecine traditionnelle chinoise (MTC) prend en compte la globalité de l'être humain. Selon cette conception, chaque partie du corps est en relation avec l'ensemble. De plus, il existe en MC une inter-relation entre l'homme et l'univers. 

Un autre aspect pris en compte par la MTC est le contexte, qu'il s'agisse de climat ou d'un autre élément environnemental.

Dans ce système élaboré, les cycles temporels, comme celui des saisons ou des parties de la journée, sont également des données qui permettent, en corrélation avec d'autres, de fonder une étiologie diagnostiquante, de même que les facteurs mutuels incluant des données physiques et psychiques.

Un autre élément important : LES EMOTIONS. Celles-ci agissent dans les deux sens. On n'y pense rarement, nous indique le Dr MARIÉ, mais il n'existe actuellement pas de spécialité de psychiatrie en médecine chinoise car les maladies ne sont pas appréhendées uniquement sur la base du seul psychisme : la psyché et le soma sont si intimement liés qu'on ne peut séparer la médecine en deux, de même qu'on ne sépare pas l'esprit du corps.

Selon la vision de la MTC, la vie correspond à un enracinement dans le corps d'une conscience organisatrice reliée à une essence individualisée et à une activité fonctionnelle (le Qi ou souffle de vie). La théorie de cette médecine intègre la NOTION DE YIN ET DE YANG, qui date du VIIIe siècle avant J.-C, ainsi que celle de Wu Xing (les 5 mouvements), qui datent de - 400 à - 300 avant J.-C. (époque des Royaumes Combattants). A ces mouvements s'apparentent 5 éléments (bois, feu, terre, métal, eau) ainsi que 4 modalités relationnelles du Yin et du Yang :
  1. Opposition du Yin et du Yang
  2. Enracinement de l'un dans l'autre
  3. Croissance et réduction proportionnelle
  4. Dans certaines circonstances : réaction brutale de passage de l'un vers l'autre

TAI JI 太極
Note personnelle : ceci peut rappeller le principe fondamental du Yi Jing, que l'histoire a parfois rangé parmi les arts divinatoires bien qu'étant une philosophie cosmologique à part entière, en ce qu'elle permet de comprendre les cycles des souffles qui régissent notre vie.

Les ELEMENTS liés aux MOUVEMENTS se décomposent ainsi :
  • Sheng = naissance = bois
  • Chang = croissance = feu
  • Hua = transformation = terre
  • Shou = réception = métal
  • Cang = conservation = eau
Le docteur MARIÉ explique que ces théories sont là pour faciliter la CLASSIFICATION des maladies. Le corps est à définir comme un gouvernement avec ses ministères et les trajets se font le longs de méridiens qui mobilisent le Qi. Il existe une épistémologie spécifique; par exemple, le foie selon les occidentaux ne réagit pas comme le foie en médecine chinoise; dans cette dernière, il couvre une réalité qui ne se limite pas à l'organe lui-même.

ETIOLOGIE : en médecine traditionnelle chinoise, l'étiologie est mise en avant bien plus qu'elle ne l'est en médecine occidentale, dont l'évolution s'est fait de façon plus brutale et plus récemment. Parmi les causes de troubles et maladies, on trouve les causes externes, les causes internes (émotions...) et autres (alimentation...). Un conflit entre un Qi qui fonctionne bien et un Qi pathogène entraîne la maladie.

NOSOLOGIE : on fait, bien entendu, un examen clinique (Sizhen). Celui-ci ne comprend pas uniquement des observations générales, mais également de couleur et odeurs de matières, de bruits et un interrogatoire poussé (l'anamnèse). On ajoute à cela non pas une palpation du pouls mais plusieurs palpations de pouls à différents endroits du corps; ceci représente une étape essentielle. De plus, on ne se contente pas de vérifier l'impulsion mais aussi sa qualité, qui peut varier selon la zone testée. Le diagnostic donnera lieu à un classement en maladie + syndrome, c'est à dire le processus qui a conduit à la maladie. La combinaison des deux amène à une nosographie beaucoup plus précise que dans la médecine occidentale. On lui doit une médecine très personnalisée, dont l'occident commence à peine à s'inspirer.

En Chine, les deux types de médecine co-existent. Plus de 95% des traitements de médecine chinoise sont individualisés; il existe d'ailleurs plus de 100.000 formules classiques en pharmacopée chinoise traditionnelle.

THERAPEUTIQUE : 80% des soins viennent de la pharmacopée, environ 10% seulement de l'acupuncture et le reste consiste en massages, respiration et exercices de Qi comme le Qi Gong, ainsi qu'alimentation. Il est à noter qu'un grand nombre d'aliments contenant des principes actifs de médicaments sont prescrits par les médecins car il est important que l'excipient ait aussi des propriétés actives (d'où l'importance de l'alimentation).

PHARMACOPEE : la pharmacopée chinoise traditionnelle comporte non pas un principe actif unique mais la totalité des principes jugés nécessaires dont on agrémente ou modifie la formule. Le fonctionnement des drogues est étudiée avec les formules et les interactions entre diverses substances et non pas, comme dans la médecine occidentale où les molécules semblent fonctionner seules.

ACUPUNCTURE : En général, les cures d'acupunctures durent 15 jours à raison d'une séance par jour, ce qui étonne souvent les occidentaux. A l'inverse, les Chinois sont particulièrement surpris lorsqu'on leur explique comment se pratique l'acupuncture ici. 

MASSAGE ET QI GONG : certes utilisés en tant que traitements, ils sont principalement préconisés et utilisés préventivement et sont complémentaires des autres aspects de la médecine.

CURSUS UNIVERSITAIRE : en Chine, le cursus de MC est particulièrement long et rigoureux, bien plus que ne se l'imaginent les occidentaux. En fin d'études secondaires, un concours permet de rentrer en Xueshi pendant 5 ans, puis en Shuoshi pendant 3 ans, et enfin en Boshi pendant encore 3 ans, ce qui fait un total de 11 ans d'études. En Chine, le cursus de l'enseignement médical occidental et le traditionnel chinois ne se font pas dans les mêmes universités mais les deux ont la même durée et conduisent à un même niveau académique.

HOPITAUX : comme il existe deux types de médecine, il existe en Chine deux types d'hôpitaux: un de médecine chinoise traditionnelle et un de médecine occidentale. Mais on trouve également des centres médicaux, notamment en oncologie, qui pratiquent les deux formes de médecine en interaction.

De même que le Guqin et sa musique en 2007 ou que la calligraphie chinoise en 2009, l'acupuncture et la moxibustion (stimulation par la chaleur de points d'acupuncture)  de la médecine traditionnelle chinoise ont été classées par l'UNESCO patrimoines culturels immatériels universels de l'Humanité en 2010.

Pour les néophytes comme moi qui souhaiteraient en apprendre un peu plus, vous pouvez aisément vous procurer le Précis de Médecine Chinoise du Professeur MARIÉ, paru en 1997 (et 2008 pour la nouvelle édition revue) aux éditions Dangles. 

Vous avez une question ? Une demande de renseignements ? N'hésitez pas à lui envoyer un email à l'adresse suivante :

eric.marie@univ-montp.fr

N.B. : Une prochaine conférence du Professeur est prévue à Montpellier pour le mois de décembre prochain; je tâcherai de transmettre l'information.