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Bandeau théière calli

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dimanche 28 avril 2013

Le Désert du Taklamakan

Je suis tombée au hasard de mes périgrinations webesques sur un fleuve que je ne connaissais pas : le fleuve TARIM. Sa principale caractéristique -ainsi que le celle du fleuve Okavango au Botswana- est qu'il n'a pas d'embouchure sur la mer, c'est ce qu'on appelle en hydrologie, un fleuve ENDOREIQUE (du grec "Endo" = dans, et "rhein" = couler). Situons-le.
 
Voyez-vous le désert du TAKLAMAKAN ? Non ? Le nom de "Takla-Makan" signifie : "Si vous y pénétrez, vous n'en sortirez pas". Ce désert - le 2e plus grand du monde - se situe dans la province chinoise ouïghoure du XINGJIANG (新疆), qui veut dire "Nouvelle frontière", une des cinq régions autonomes de chine, qui forme le bassin du Tarim, à l'extrème nord-ouest du pays. Ce désert se situe aux confins de l'extrémité occidentale de la muraille de Chine, à l'ouest du désert plus connu du Gobi. Là vivent 10 millions de chinois de minorités ethniques ouïghoure et aussi mongole, très majoritairement musulmanes. La superficie du Xingjiang correspond à 1/6e de la Chine et sa densité est de 13 habitants au km2. Je viens d'apprendre que la région a été touchée, il y a une dizaine de jours, par un séisme de magnitude 4,6 après un de 6,2 en août dernier et que sept ouvriers ont été pris au piège dans les montagnes du sud (nord du Tibet) après de fortes chuttes de neige. Si vous aimez le vent froid venu de Sibérie, vous serez servis ! J'apprends aussi, de source sûre, que les habitants de cette région reculée vivent avec un décalage horaire de deux heures avec l'heure chinoise qui devrait officiellement être la leur (si on se donne rendez-vous à 8h, il faut savoir qu'il s'agit de 10h, heure de Beijing).
 
tak-desert.jpg
 
Le fleuve Tarim finissait il y a quelques années encore dans les marécages salés du lac LOP NUR (à droite de la carte), à présent asséché, du fait, notamment, de l'irrigation de grands champs de coton en amont, de l'aridité de la région et de la construction de barrages dû au fort développement de la région. Les eaux du Tarim débouchent maintenant de façon très épisodique sur le lac TAITEMA, à 160km au sud-ouest du Lop Nur. Ce dernier lac est en train, lui aussi, de s'assécher progressivement mais rapidement.
 
fleuve-tarim.png
 
Non navigable, du fait de sa faible profondeur, il charrie une grande quantité de limon et forme ce que l'on appelle des ANASTOMOSES, un terme anatomique définissant une connexion entre deux structures (vaisseaux, intestins...) et qui implique ici des ramifications multiples. Selon les saisons et les années, en raison d'une forte évaporation notamment, le fleuve change de lit et sa longueur peut varier de 1.800 à 2.000 km environ. De mai à septembre, il recueille par ses affluents les eaux de fonte des neiges des monts Tian et Kunlun (Tian au nord et Kunlun au sud). 
 
En fouinant encore sur notre web planète, quelle ne fut pas ma surprise en arrivant sur un site paléontologique qui nous parle de la découverte dans le désert du Taklamakan, à la fin des années 1980, de momies parfaitement conservées datant d'il y a 3000 ans !  Ces momies avaient, dit l'article, les traits européens et non ceux des ancêtres des chinois actuels. Victor Mair, un expert des momies, a expliqué que les analyses ADN ont montré un métissage des Ouïghours, Kazaks et Kirgyz d'Asie centrale avec des Caucasiens et asiatiques de l'est.
 
Une première momie trouvée sur place en 1989 fut celle d'une femme portant de longs cheveux blonds, bien conservés par l'atmosphère aride du désert du Taklamakan. D'après certains indices peu afriolants, les spécialistes y ont vu une victime sacrificielle. Ce qui m'a remué l'imagination : et si ces momies n'étaient en réalité que celles d'étrangers que les peuplades locales auraient sacrifiés ? Toujours est-il qu'une autre de ces momies féminines, aux traits plus locaux, celle-ci, fut surnommée "la mère de la nation" et devint un sybole pour des millions d'Ouïghours. Son effigie fut reproduite sur des affichettes et sur la pochette d'un disque à son honneur : "Kikuran Guzali", ce qui veut dire "la beauté de Kikuran" (Kikuran étant le nom ouïghour de la cité où les momies ont été mises à jour).
 
En tout cas, il est des légendes étranges qui circulent à propos de cette région, comme celle des "Fantômes du Takla-Makan". On dit que pendant des siècles, de riches cités, où passaient les marchandises de la route de la soie et par où le boudhisme est entré en Chine,  ont été ensevelies sous les sables et que des richesses insoupçonnées s'y cachent.
 
En fait de richesses, on peut à présent citer le gaz qui est extrait de son sous-sol. La réserve de gaz de la rivière Hotan a été établie afin d’offrir de l’énergie à toute la région de Hotan. Interrogé sur le site d'extraction, l'ingénieur Liu Jingdong indique que "La station fournit du gaz à plus de 50 mille personnes. Notre gaz naturel arrive maintenant chez un tiers de la population urbaine et dans certaines régions rurales de la préfecture de Hotan. Et nous établissons maintenant une autre réserve de gaz. Bientôt, plus de résidents pourront l'utiliser. Et cette initiative n’est pas limitée à Hotan. Des projets similaires sont en cours dans deux autres régions voisines." Avantage : les abres qui étaient utilisés comme bois à brûler seront protégés et la désertification de fait un peu freinée.
 
Le pétrole aussi est exploité depuis 1989. Il y aurait une réserve de 8 à plus de 10 milliards de tonnes de pétrole, ce qui pemettrait de produire 15 millions de tonnes de brut par an. Le gouvernement considère cette région comme l'artère de l'économie énergétique de l'ouest de la Chine. En 2008, une nouvelle autoroute - la 2e la plus longue du monde - a vu le jour au Taklamakan, traversant le désert d'est en ouest. Mais le sable l'a-t-elle finalement ensevelie à nouveau ? Je n'ai aucune nouvelle à ce jour.
 
Un explorateur suédois de la fin du XIXe siècle, Sven Hedin, premier occidental à traverser cet immense désert qu'empruntaient autrefois les caravanes sur la Route de la Soie a publié ses récits. Des compromissions politiques pro-hitlériennes de l'explorateur, qui avait connu un grand succès en son temps, firent tomber ses écrits dans l'oubli, ce qui est bien compréhensible.

Extrait de http://bea007.over-blog.com/ Article du 01/11/12

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