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Bandeau théière calli

Bandeau théière calli

jeudi 6 novembre 2014

Splendeurs des Han à Guimet


Voici une exposition qui vaut le déplacement : 

Affiche de l'exposition

C'est le Musée Guimet à Paris (ou Mnaag pour Musée national des arts asiatiques-Guimet) qui présente l'exposition, qui reste en ses murs du 22 octobre 2014 au 1er mars 2015.

J'ai eu le bonheur d'y faire un tour la semaine dernière et j'aimerais vous donner l'envie de vous y rendre vous aussi. L'exposition met en scène une période importante de l'histoire de la Chine. Les oeuvres présentées relèvent principalement de la sphère funéraire et évoquent aussi bien les activités quotidiennes que l'art de vivre d'une aristocratie impériale. 

Au IIIe siècle avant notre ère, en 259 avant J.-C., le premier empereur, le fameux Qin Shi Huangdi arrive au pouvoir au terme de vingt années de conquêtes militaires. Il oeuvre en faveur de la centralisation du système administratif, mais aussi pour l'unité territoriale et pour celle de l'écriture, de la monnaie, des poids et mesures, assurant ainsi peu à peu la cohésion de l'Empire du Milieu.

L'oeuvre la plus marquante de la visite est le linceul de jade du prince de Chu :

Linceul de jade blanc du 3e prince de Chu

Ce costume funéraire fait de plaques de jade cousues entre elles par d'épais fils d'or constitue la prescription la plus élevée de la toilette funéraire dans les rituels d'inhumation de la dynastie Han. A la fin des Han occidentaux (206 av. J.-C. - 9 apr. J.-C.), l'emploi de tels linceuls était l'apanage unique de l'empereur. Pour les personnages de rangs inférieurs au sien, les plaques de jade étaient reliées avec du fil d'argent ou de cuivre. Le costume ici présenté a été réalisé pour le troisième prince de Chu. Il comporte 4.248 plaques de jade blanc de Khotan (Xinjiang) et 1.576 kg de fils d'or.

Les substituts funéraires (MingQi) que l'on peut voir dans l'exposition sont liés à la disparition de la pratique des sacrifices humains et animaux, pratique peu à peu remplacée par des figurines de bois puis de terre cuite, comme les réputés soldats de terre du mausolée de Qin Shi Huangdi à Xi-An.

Substitut funéraire (MingQi)

Parmi les figurines et objets rituels, cette statuette de bois représentant une joueuse de Guqin m'a particulièrement émue :

Joueuse de Guqin

Au rythme des saisons, les banquets qui accompagnaient les cérémonies occupaient une place centrale dans la société Han. Les préparatifs du repas sont souvent évoqués par des substituts funéraires . Les libations sont aussi prétexte au jeu; ainsi un dé précieux provenant de la tombe de la princesse Dou Wan montre que le sort déterminant le gage était lié à l'absorption de boisson alcoolisée. La musique a aussi sa place et le tout rappelle l'abondance correspondant au rang social du défunt ou de la défunte.

Quelques objets comme des disques de bronze (dos de miroirs) ou de jade ont également attiré mon attention :

Disque de jade (Bi)



Dos de miroir en bronze Han



Ou encore quelques sapèques (on pouvait même en voir un moule) :

Sapèques Han

L'élément textile est également présent, notamment cet étrange morceau de tapisserie qui semble représenter un soldat romain :


Les objets exhumés dans les tombes de l'époque des Han illustrent les conceptions de l'âme et de l'au-delà. Les textes anciens indiquent une idée dualiste de l'âme. On considère qu'après le décès, l'âme "hun" aspire au ciel et l'âme "po" à la terre. Le rituel funéraire du rappel de l'âme, au cours duquel on utilise des bannières, est lié à l'aspiration céleste de l'âme "hun". Sur les bannières retrouvées lors de fouilles, le soleil et la lune symbolisent l'espace céleste. Dans le décor des tombes, cette évocation du ciel est souvent complétée par la figuration des quatre divinités des points cardinaux : le dragon vert, le tigre blanc, l'oiseau rouge et le guerrier noir.

Dans les croyances de Han, l'île Penglai, qui abrite les immortels, et le mont Kunlun, lieu de séjour de la Reine-Mère de l'Ouest (divinité associée à l'immortalité) sont des espaces paradisiaques.

Autour de l'exposition, le Musée Guimet propose des conférences et une journée d'étude:

  • Jeudi 20 novembre : "L'empire romain dans les sources chinoises" par Damien Chaussende, chargé de recherches au CNRS.
  • Jeudi 4 décembre : Journée d'étude organisée par l'Art Exhibitions China, le Mnaag et le Centre de recherche sur les civilisations de l'Asie orientale (CRCAO).
  • Jeudi 11 décembre : "La religion des Han : le culte impérial, les célébrations locales et les rites privés", par Marianne Bujard, directeur d'études à l'Ecole Française d'Extrême-Orient.
  • Jeudi 18 décembre : "Les demeures d'éternité de la dynastie des Han", par Catherine Delacour, ancien conservateur de la section Chine du Mnaag.
  • Jeudi 8 janvier : "Nouvelles découvertes de livres et documents de la dynastie des Han", par Olivier Venture, maître de conférences à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes.
  • Jeudi 15 janvier : "Les tombes princières à l'époque des Han de l'Ouest, faste temporel et diversité culturelle", par Eric Lefebvre, conservateur au Mnaag, commissaire de l'exposition.


Le Musée projettera également plusieurs films documentaires, archéologiques et de fiction où la figure emblématique de Liu Bang, fondateur de la dynastie, sera présente. Les thèmes du taoïsme, du confucianisme et du bouddhisme seront aussi évoqués, notamment dans le surprenant film de Hu Mei intitulé Confucius (inédit en France - projection le 12 novembre), ainsi que la route de la soie.

Pour voir le programme détaillé, rendez-vous sur :

ou :
ou encore par téléphone au : 01 40 73 88 18

Musée Guimet (Mnaag)
6 place d'Iéna
75116 Paris
(Métro Iéna)
Tél. : 01 56 52 53 00


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