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Bandeau théière calli

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vendredi 3 janvier 2014

Chu Teh-Chun à la Pinacothèque

Une collègue de mon cours de mandarin qui est rentrée de Paris m'a dit qu'elle avait pu y voir une exposition d'oeuvres de Chu Teh-Chun à la Pinacothèque. Renseignements pris, les oeuvres y séjourneront jusqu'au 16 mars 2014.

Chu Teh-Chun () n'est sans doute pas aussi connu que son contemporain Zao Wu Ki. Il fait pourtant partie de cette mouvance apparue peu après la découverte de la photographie dans les années 20 (il est né en 1920 à Baitou Zhen) qui se libéra d'un académisme multicentenaire. Plus besoin, dès lors, de s'obliger à reproduire un sujet puisque l'appareil photo peut le faire; les regards sortent peu à peu de leurs oeillères et les pinceaux amorcent leur danse libératrice sur les toiles. Mais le peintre est aussi l'un de nos académiciens; depuis décembre 1997, il occupe le siège de Jacques Despierre à l'académie des Beaux Arts. C'est en 1955 qu'il s'est installé en France, à Paris, et qu'il a visité l'Espagne, où il a pu y découvrir des oeuvres de Goya.


Chu Teh-Chun dit s'être inspiré du peintre espagnol. Le résultat nous interroge sur cette affirmation. En effet, la plupart des toiles dévoilées par le peintre sont bien abstraites et l'on peut, avec un minimum d'imagination, y trouver maintes influences. Pour ma part, je ne connais pas l'artiste et j'avoue trouver dans ses créations plutôt quelqu'élément aquatique ou minéral, avec des cristaux de lumières qui tentent de s'en extraire. De l'inspiration de Goya, il me semble sentir une force vitale, force qui illumine le centre du tableau en mouvance et en contrastes. Le mieux est de vous présenter une ou deux de ses oeuvres représentatives, ainsi vous pourrez vous faire votre propre idée.






En 1976, l'artiste renoue avec la tradition et la calligraphie chinoise. Voici une huile sur toile plus récente (1998), où cette influence conservatrice fait ressortir le trait du pinceau dans toute sa force :





Ce que Chu Teh-Chun a voulu transmettre par les vibrations de ses pinceaux sont des émotions, des sensations, le ressenti de la nature qui l'entoure, mais aussi des événements socio-politiques (Guerre du Golfe dans la lumière au-delà des fléaux, par exemple). Maître de la transfiguration de la tradition mandarine vers une incarnation abstraite faite de lumière et de matière vive, l'artiste a puisé son inspiration en capturant des images physiques et mentales occidentales autant qu'orientales. En cela, nous pouvons le considérer comme un précurseur.

Pinacothèque de Paris
28 Place de la Madeleine
75008

Renseignements :
01 42 68 02 01
accueil@pinacotheque.com

Consulter le site : LIEN ICI

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