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Bandeau théière calli

Bandeau théière calli

samedi 15 août 2015

I like Chinese


Puisque c'est les vacances -en tout cas pour les écoliers, collégiens, lycéens, étudiants et profs- j'en profite pour vous poster une chanson divertissante des Monty Python intitulée "I like Chinese". 




Amusez-vous bien.!

mardi 11 août 2015

Le Petit Livre Rouge



Nous autres en France donnons le nom de "Petit Livre Rouge" à ce que les Chinois appellent "Les citations du président Mao" (毛主席语录 - Máo Zhǔxí Yǔlù) ou encore "Les plus hautes instructions (最高指示 - zuì gāo zhǐshì).

C'est en 1964, au début de la "Révolution culturelle", que le gouvernement de la République Populaire de Chine (RPC) fait paraître le recueil de citations et c'est le ministre de la défense et chef de l'Armée Populaire de Libération (APL), le général Lin Biao, qui organise son impression et sa distribution dans tout le pays.

Le livret contient des citations d'extraits de discours attribués président Mao de 1926 à 1964. Après la Bible, c'est le livre le plus vendu au monde (près de  900 millions d'exemplaires, selon des estimations). Les 50.000 premiers exemplaires étaient destinés aux membres de l'APL. Le recueil des citations devient rapidement un symbole incontournable de la révolution marxiste chinoise. Les étudiants, qui étaient pour la plupart à la fois militaires, agriculteurs et travailleurs industriels, doivent l'étudier et en discuter en groupes sur les lieux de travail ou d'études. Il était primordial, à ce moment, de comprendre et d'assimiler parfaitement la "pensée Mao Zedong" afin d'améliorer l'entrain au travail et de se sentir une partie essentielle du grand tout de l'idéal Maoïste. Omniprésent sur les images de propagandes placardées un peu partout, le livret était mis en avant dans des présentations à la gloire populaire.




Edition de 1968

En 1965, on lui adjoint trois nouveaux chapitres. En 1966, le Parti décréta que chaque citoyen devait en posséder un en gage de loyauté et être capable de le réciter par cœur, sans quoi ledit citoyen risquait d'être battu, voire de passer des années en camp de redressement idéologique. En 1967, le "Petit livre rouge" a déjà été traduit en 36 langues et plus de 720 millions d'exemplaires ont été vendus aux quatre coins de la planète. 


En 1971, le gouvernement accusa Lin Biao d'avoir voulu assassiner le président Mao et on supprima alors du Petit livre toute l'introduction et les recommandations du maréchal de la Libération populaire.

Epigraphe de Lin Biao dans l'édition française de 1966

En 1978, Deng Xiao-ping entre au pouvoir après la fin de la Révolution culturelle (1976) et le livre "rouge" perd un peu de son aura ; on juge parfois certaines citations "déviationnistes de gauche" et on l'accuse d'abuser du culte de la personnalité en promouvant systématiquement la "pensée Mao Zedong", pourtant montrée comme l'exemple à suivre pendant plus d'une décennie. Depuis 1979, le Petit Livre Rouge n'est plus diffusé.



Le livre classe les citations de Mao en trois parties, chacune apportant son lot de considérations philosophiques et conseils idéologiques indiquant à ses lecteurs comment se comporter et comment "bien" penser. Ceux qui ne pensent pas comme il faut sont invités à se repentir. Le repentant, s'il est jugé sincère, finira par être réhabilité. Mais il devra, au préalable, passer par un apprentissage encadré dans une unité de travail spécialisée ou non, appelée parfois "unité de rééducation" et que certains comparent à une forme de bagne, ce qui peut durer plusieurs années.

Le format de l'édition originale de 1964-1965 -non datée- est légèrement plus grand que celui des éditions venant ensuite et son nombre de pages réduit (270 p); les exemplaires comportent une erreur d'impression dans la partie calligraphiée par Lin Biao (trait supplémentaire erroné sur un trait) correspondant à un message d'encouragement à se servir du livret comme d'un guide. 

Quelques citations du président Mao Zedong extraites des "Plus hautes instructions" :

  • Nous devons soutenir tout ce que notre ennemi combat et combattre tout ce qu'il soutient.
  • Produisons suffisamment de nourriture et de vêtements de nos propres mains.
  • Dans une société de classes, chaque personne occupe une position de classe déterminée et il n'existe aucune pensée qui ne porte une empreinte de classe.
  • Une seule étincelle peut allumer un feu de prairie.
  • La bombe atomique est un tigre de papier dont les réactionnaires américains se servent pour effrayer les gens. Elle a l'air terrible mais elle ne l'est pas : c'est le peuple qui décide de l'issue d'une guerre et non pas une ou deux armes nouvelles.
  • En général est vrai ce qui réussit, est faux ce qui échoue.
  • La révolution n'est pas un dîner de gala ; elle ne se fait pas comme une oeuvre littéraire, un dessin ou une broderie ; elle ne peut s'accomplir avec autant d'élégance, de tranquillité et de délicatesse ou avec autant de douceur, d'amabilité, de courtoisie, de retenue et de générosité d'âme. La révolution, c'est un soulèvement, un acte violent par lequel une classe en renverse une autre. (Phrase originale ci-dessous) :
  • 革命不是请客吃饭,不是做文章,不是绘画绣花,不能那样雅致,那样从容不迫,文质彬彬,那样温良恭儉让。革命是暴动,是一个阶级推翻一个阶级的暴烈的行动




dimanche 9 août 2015

TV : CHINE, le nouvel empire 1/3




DOCUMENTAIRE TELEVISE

Au programme les 11 août (à 20 h 55) et 18 août (à 08 h 55) 2015

ARTE - Thema - CHINE le nouvel empire - Volet 1 sur 3


Fresque en trois volets qui retrace l'histoire de la Chine. Cette première partie présente la période allant de l'avènement de la République Populaire de Chine (RPC) en 1949, jusqu'à la mort de Mao Zedong en 1976.

Depuis la révolte de Sun Yat-sen en 1911 à la mort du "Grand Timonier", la Chine se libère de l'occupation occidentale qui s'était ingérée depuis les guerres de l'opium. Errements du parti communiste chinois jusqu'à son établissement totalitaire, le document montre les relations complexes entre la Chine, les Etats-Unis et l'URSS, précurseurs des futurs bouleversements géostratégiques.

Résumé complet sur :

http://www.arte.tv/guide/fr/042274-001/chine-le-nouvel-empire-1-3



jeudi 6 août 2015

Quand la Chine s'éveillera...




"Quand la Chine s'éveillera, le monde tremblera". Cette citation que l'on attribue, malgré le manque de trace écrite, à Napoléon, est le titre d'un ouvrage incontournable sur la Chine des années 70, édité en 1973* chez Fayard.

L'auteur n'est autre que l'homme politique, anthropologue et diplomate Alain Peyrefitte, qui dirigea en 1973 une longue mission d'études en Chine, en tant que ministre de la culture, à l'invitation du gouvernement chinois de Chou-En-Laï, premier ministre de Mao Zedong. Cette visite a certainement eu lieu peu avant celle du président Pompidou à Mao qui a pris place elle aussi en 1973.

Homme cultivé et curieux, diplomate dans l'âme, Alain Peyrefitte nous dresse, d'après ce qu'il a vu et entendu, mais aussi agrémenté par des ouvrages de référence, un portrait d'une Chine nouvelle qui a fait table rase des traditions et du fonctionnement même de toutes les sociétés telles que nous les connaissions. Pour ne pas risquer de retomber dans les affres d'un "révisionnisme" jugé insupportable et nuisible au peuple car n'épousant pas les préceptes de base du Petit Livre Rouge, les gouvernants du pays ont mis en place une machine où tous les rouages ont été démontés pour être remontés selon un ordre unique, celui de la ligne Mao Zedong. Un travail de mille titans, mené à la baguette de l'idéologie.

Tous les aspects de la société sont passés au crible du regard pertinent du ministre français : éducation, industrie, agriculture, armée, culture. A l'écoute de chacun de ses interlocuteurs, ouvert mais toujours critique, Peyrefitte a su nous faire comprendre les enjeux politiques et économiques -mais aussi idéologiques- qui ont amené l'ancien Empire du Milieu a jeter aux oubliettes toutes traces d'un passé jugé anti-prolétaire, c'est-à-dire pour la nouvelle Chine anti-Chinois.

Impossible de résumer un ouvrage aussi dense. Je ne puis que conseiller sa lecture à un plus grand nombre de ceux d'entre vous qui s'intéressent à l'avènement du socialisme à la chinoise.


* La mention de l'édition indique 1973 et pourtant j'ai pu noter, page 428, une note de bas de page où il est fait état d'événement postérieur : "Mais cette évolution ne se fera pas sans à-coup ; après une libération culturelle en 1972-73, la musique étrangère a été de nouveau violemment critiquée en 1974-75".

__________

Pour le contexte historique :

Ci-dessous, vidéo de la conférence de Presse du président Pompidou en Chine, en 1973, lors de sa visite officielle dans le but de préparer la France et la Chine à une plus grande indépendance face aux deux super puissances qu'étaient les USA et l'Union Soviétique. Document INA.





samedi 1 août 2015

Programmes scolaires dénoncés à Taïwan


Dans l'édition d'hier (31/7/15) de rfi.fr Asie Pacifique, nous apprenons que des centaines de lycéens ont occupé ce même jour le ministère de l'Education à Taipeh. Les lycéens souhaitaient rencontrer le ministre afin de faire entendre leur opposition face aux modifications des manuels scolaires, notamment concernant le programme d'histoire, qu'ils ressentent comme une relecture pro-chinoise de l'histoire de l'île.

Les lycéens voulaient également saluer la mémoire de Lin Kuan-hua, qui s'est suicidé la veille après avoir été arrêté, la semaine dernière, suite à une manifestation et à son expression de déception par rapport à l'opposition de ses parents et de ses enseignants à sa participation au mouvement de contestation.

Le ministre n'a pas donné de réponse pour l'instant, reconnaissant toutefois que cette polémique qui concerne l'histoire et l'identité nationale durait depuis un certains temps.

Le nouveau manuel incriminé indique, entre autres, que Taïwan a été "récupérée" par la Chine. Cette formule, qui remplace la précédente : "Taïwan a été donnée à la Chine à la fin de l'occupation japonaise en 1945", ne plait pas aux étudiants car c'est pour eux une façon de se soumettre à la politique d'une seule Chine qui englobe Taïwan.

Lien sur l'article :


Résumé de l'histoire de Taïwan :


  • Des aborigènes étaient installés sur l'île où l'on a décelé des traces humaines datant de 10.000 ans avant notre ère.
  • Lors de l'avènement des Trois Royaumes (IIIe siècle), on voit des premières tentatives d'établissement des chinois dans l'île. A ce moment, deux communautés aborigènes distinctes occupaient l'île. Les premiers immigrants faisaient partie de la tribu des Hakkas, qui étaient persécutés en Chine.
  • Sous la dynastie des Ming (1358-1644) d'autres immigrants arrivèrent de la province du Fujian, adoptant alors le nom de Ben-di-ren, qui signifie "homme de cette terre" et considérant les Hakkas et les aborigènes comme des étrangers.
  • Au cours des XVe et XVIe siècle, Taïwan devint le refuge de pirates en maraude et de commerçants venus de Chine et du Japon. Les japonais furent les premiers à tenter d'annexer Taïwan, en 1593, après l'échec de la conquête de la Chine (via la Corée).
  • Les Européens essayèrent également de s'emparer de l'île, au XVIIe siècle, les Hollandais notamment, qui firent venir des missionnaires pour évangéliser les habitants. Ils implantèrent un comptoir, la fameuse Compagnie hollandaise des Indes orientales, qui obtint le droit d'importer de l'opium de Java. Il est à noter que deux siècles plus tard, l'opium devait jouer un rôle de taille dans la chute de la dynastie des Qing et devenir le catalyseur de la guerre entre la Chine et la Grande-Bretagne.
  • A cette époque, les espagnols avait établi deux garnisons dans le pays, mais ils furent chassés en 1642 par les Hollandais.
  • En 1644, les Mandchous furent appelés à l'aide par un général chinois pour mater une révolte. A Pékin, le dernier empereur Ming nomma Cheng Chi-lung, pirate basé à Peikang, au sud-ouest de Taïwan, à la tête des maigres forces nationales. Mais le pirate, qui avait épousé une Japonaise, se pendit au moment où les Mandchous arrivèrent à Pékin. Son fils, Cheng Cheng-kung, se fit appeler Kuo Hsing-yeh, "le seigneur au nom impérial", que l'on traduit en occident par Koxinga.


  • Koxinga fut confronté aux Hollandais. En 1661, il fit assiéger pendant deux ans les côtes où s'étaient réfugiés les Hollandais, qui finirent par quitter l'île avec leurs biens. Puis les Espagnols et les Japonais se retirèrent aussi.
  • Koxinga était passionné de culture chinoise et restaura de nombreuses lois, institutions et traditions chinoises.
  • Son fils et son petit-fils régnèrent jusqu'en 1648, date à laquelle les Mandchous imposèrent leur souveraineté sur l'île. C'est à cette date que Taïwan devint officiellement partie intégrante de l'empire chinois.
  • Au XIXe siècle, l'île fut à nouveau convoitée par les occidentaux. Lorsque la première guerre de l'opium éclaté, des naufragés britanniques s'échouèrent sur les côtes de l'île mais furent battus, emprisonnés, voire décapités par les autorités chinoises et les relations entre les deux empires furent exacerbées.
  • Des américains s'intéressaient également de près à Taïwan.
  • La guerre de l'opium prit fin en 1860 et ouvrit l'île au commerce avec l'étranger, mais peu à peu les rapports se tendirent entre marchands étrangers et résidents chinois pour différentes affaires. 
  • En 1872 un bateau japonais sombra au large des côtes et le sort des naufragés fut funeste car 57 furent assassinés par des aborigènes. Les Japonais considérèrent une entrée en guerre. Une expédition militaire de grande envergure accosta au sud de l'île en 1874. Après des incursions punitives, le gouvernement chinois décida d'indemniser le Japon pour les familles des marins massacrés.
  • En 1886, la Chine éleva Taïwan au rang de province chinoise. Pendant ce temps, des militaires japonais réclamèrent l'annexion de l'île et une guerre finit par éclater entre la Chine et le Japon en 1895. Ce fut une défaite pour la Chine, affaiblie par des détournements d'argent de l'impératrice Tseu-hi (Cixi) qui n'avait plus de marine à même de faire face au Japon.
  • Le 23 mai 1895, des notables taïwanais créèrent la République de Taïwan afin de résister à l'occupation japonaise grâce à l'aide de l'étranger. Bien qu'indépendante, la République reconnaît la suzeraineté chinoise. Mais la République n'aura duré que 5 mois.
  • Le Japon dicta les conditions du traité de Shimonoseki, qui exigeait la cession des îles Ryukyu et de Taïwan. Le pays fut donc sous la tutelle de Tokyo, et ce durant un siècle, durant lequel le Japon tenta de contraindre Taïwan à se couper de ses racines chinoises.
  • Ce n'est qu'à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, après la reddition japonaise, que Taïwan redevint chinoise, le 25 octobre 1945, connu sous le nom de "jour de la Rétrocession". 
  • Pendant ce temps, la guerre civile avait éclaté sur le continent. Le parti communiste et le parti nationaliste (Kuomingtang ou KMT) mené par Tchang Kaï-chek, se faisaient front. Tchang Kaï-chek avait été réélu prédisent de la République de Chine en 1948 mais la guerre avait tourné en faveur des communistes et les troupes du KMT se replièrent sur Taïwan. 
  • En 1949, le gouvernement de la république s'installa à Taïpei. Tchang Kaï-chek est élu président de la République et instaure alors la loi martiale, réprimant toute opposition. Il fut élu président de la République six fois de suite, jusqu'en 1966. 
  • En 1950, la flotte américaine aide Taïwan à se protéger de l'invasion de l'Armée populaire de Libréation. L'île s'ouvre ensuite à un capitalisme autoritaire et le secteur privé s'étend considérablement, au détriment des monopoles d'Etat.
  • En 1965, l'île perdit l'aide financière des Etats-Unis.
  • Le 25 octobre 1971, après le refus de Tchang Kaï-chek d'accepter la Chine populaire, les membres de l'ONU votent l'entrée de la République Populaire de Chine (RPC) à l'ONU. La résolution 2758 expulse les représentants de Tchang Kaï-chek de l'ONU et ne mentionne plus le nom de République de Chine, laissant la RPC seule représentante de la Chine dans l'organisation.
  • A présent, il semble que le gouvernement nationaliste considère officiellement Taïwan comme "une province insulaire de la République de Chine", sans que je n'aie pu comprendre comment cette situation avait pu être mise en place. Pour autant, Taïwan et le continent ne sont pas d'accord sur le fait qu'"il n'y a qu'une seule Chine", ce qui apparemment contredit le premier postulat. 
  • Le président actuel, depuis 1988, est M. Lee Teng-hui, diplômé d'économie agricole à l'université de Taïwan et d'économie aux Etats-Unis, après avoir suivi un cursus à l'université impériale de Tokyo.

Sources : 

Le grand guide de Taïwan - Bibliothèque du voyageur, Ed. Gallimard, 1995
Histoire de Taïwan - wikipedia.org






vendredi 31 juillet 2015

Calligraphie : stage d'été en Poitou


Le Docteur Eric MARIE organise

un stage de calligraphie chinoise

au Château de La Bessière, en Poitou

du 15 au 19 août (5 jours)


Le stage est ouvert à toute personne motivée, novice ou confirmée. Une approche traditionnelle de l'art chinois (matériaux, techniques, méthode d'apprentissage) est proposée.
Travail en petit groupe dans un atelier consacré exclusivement à cette discipline, dans une ambiance chaleureuse.


Selon le niveau des participants et leurs aspirations :

  • Présentation des outils et matériaux utilisés
  • Explication de leurs usages et critères de choix
  • Entraînement à une bonne attitude corporelle et mentale
  • Etude des différents styles de calligraphie chinoise
  • Apprentissage des techniques de la peinture de bambous, orchidées, prunus, animaux, paysages...

Vous pouvez apporter votre propre matériel mais il est préférable pour les non initiés de contacter Monsieur Marié afin de ne pas risquer d'acquérir des outils inadaptés voire inutilisables.

Le lieu privilégié :

Le Château de La Bessière (XVe-XIXe siècle), dans le Poitou, au sein d'un domaine de 12 ha avec source, étang, prairies, forêt. Un environnement qui apporte le calme nécessaire à la concentration.
A proximité immédiate : équitation, tennis, minigolf, plan d'eau (canoë-kayak, jeux)...

Inscriptions :

  • Tarif préférentiel pour ceux qui s'inscrivent avant le 5 août : 390 euros
  • Tarif normal : 460 euros
  • Réservation obligatoire avec acompte de 200 euros

Tél : 05 49 32 88 50
Site : http://calligraphie-peinture-chinoise.com/stage/


lundi 27 juillet 2015

Vive la paix !




"Les occidentaux de Pékin n'ont pas oublié la mésaventure arrivée il y a quelques années à un Mexicain de passage. Logé à l'Hôtel de la Paix (Ho-p'ing Pin-kuan*),  ce Mexicain était allé se promener seul en ville. Au cours de son séjour, il avait été bercé du slogan en vogue : Vive la paix (Ho-p'ing Wan-sui**). Ne sachant comment retrouver son chemin, il se dirige vers une station de vélos-pousse.

Au lieu du nom de son hôtel, il indique au conducteur l'expression qui chante à son oreille*** : vive la paix. Le cycliste répond gravement : Ho-p'ing Wan-sui : Le Mexicain répète plus fort la même formule. Le Chinois la répète à son tour ; il hausse le ton, ne voulant pas être en reste sur les convictions pacifistes de cet étranger. Le Mexicain détache les syllabes, crie comme s'il parlait à un sourd. Les conducteurs de cyclo-pousse reprennent ensemble : Ho-p'ing Wan-sui ! Des passants s'attroupent et clament en choeur : Vive la paix ! Une manifestation de masse s'improvise, jusqu'à ce qu'un Chinois parlant espagnol tire le Mexicain de ce mauvais pas.

Les chinois donnent à chaque instant l'impression d'être à la fois calmes et au bord de l'enthousiasme collectif; souriants et prêts à se déchaîner ; réservés et disponibles pour la manifestation de masse.


Les moyens de communication utilisés par le Parti et les thèmes politiques qu'il lance les tiennent dans un état de mobilisation permanente. Quelle force, imprévisible et inquiétante..."

Extrait de "Quand la Chine s'éveillera...", Tome 1, d'Alain Peyrefitte (Ed. Fayard, 1973)
Chapitre IX - INFORMATION ET COMMUNICATION - 1. - Former plus qu'informer.


*     和平             - hépíng pínguan
**   和平万岁        - hépíng wànsuì

*** A. Peyrefitte explique dans ce chapitre que la propagande idéologique est propagée par tous les moyens possibles : radio, télévision (peu de chinois en ont dans les années 70), affichages, réunions, hauts-parleurs dans les rues, les cours et les usines... et de façon non seulement très répétitive mais de manière que l'on ne peut lui échapper. C'est à un message récurent dans les hauts-parleurs que l'auteur faisait ici référence.


vendredi 3 juillet 2015

Mao et Confucius


J'ai commencé la lecture du tome I de QUAND LA CHINE S’ÉVEILLERA... Le monde tremblera d'Alain Peyrefitte (1973). C'est passionnant. Le regard de ce diplomate-homme politique-écrivain sur la Chine, après plusieurs longues missions dans le pays, est unique et son rapport est écrit avec des mots savamment choisis. On sent la patte du grand diplomate.

Dans le chapitre premier, intitulé "Le culte du sage, du héros, du saint", Peyrefitte présente et analyse finement la dévotion populaire à Mao Tse-Tung (Mao Zedong) et exprime ce qu'il pense de l'influence de Confucius dans la pensée de l'homme d'Etat. En voici quelques extraits choisis :

Peyrefitte rapporte un entretien avec Kuo Mo-Jo (Guo Moruo) et en particulier une question qu'il lui avait posée sur le fait que pour les Chinois à ce moment, il était primordial de d'abord "bien" penser : 

- (réponse de Kuo Mo-Jo)..."De tout temps, des doctrines ont fleuri, chez nous, qui cherchaient la meilleures voie pour les hommes et pour la société. La doctrine qui l'emportait était celle de Confucius - toutes les autres s'ordonnaient autour d'elle. La Chine en a vécu deux mille cinq cents ans. Aujourd'hui, c'est la base du raisonnement et de la vie.

- (Alain Peyrefitte) ...Si toute les philosophies qui ont vu le jour en Chine depuis vingt-cinq siècles sont de simples variantes de la pensée de Confucius, n'est-ce pas aussi le cas de la pensée-maotsetung ?

- Certainement non. La pensée de Confucius avait fini par se dessécher, comme, lorsque le courant baisse, le limon du Fleuve Jaune se durcit et forme les digues.

Depuis la fin du siècle dernier, la plupart des intellectuels chinois s'efforçaient de faire un brèche dans ces digues. Ils attaquaient les traditions confucéennes et recherchaient de nouvelles voies doctrinales. Ils ont tous échoué. Mao a réussi.


La pensée-maotsetung transforme l'homme, la nature, la société. C'est vraiment une pensée révolutionnaire.


Mao donne pourtant l'impression d'avoir conservé et consolidé autant qu'il a détruit - fût-ce au prix d'une transmutation. Sans doute, selon le point de vue où l'on se place, peut-on constater qu'il a bâti avec les matériaux traditionnels qu'il avait sous la main, ou observer qu'il a commencé par faire explosé l'édifice dont les décombres lui ont ensuite fourni des pierres de récupération.

Ce qui me frappait plutôt, fis-je, c'est que Mao ne détruit jamais d'un seul coup. Avant de lutter contre le Kuomintang (Guomindang), il a fait front commun avec lui, à deux reprises. Avant d'éliminer les "capitalistes nationnaux", il leur a proposé son alliance. Il a fait aux intellectuels le somptueux présent des "Cent Fleurs", avant de les disperser dans les camps de travail. Puis il a lancé le "Grand Bond" en avant puis la Révolution culturelle : chaque fois, un pas de plus, ou plutôt deux pas en avant, un pas en arrière.

-... Quelles sont les valeurs de base que vous avez conservées ?

- Les vertus traditionnelles, après un tri sérieux qui nous permet de rejeter ce qui est altéré et d'absorber ce qui est vivant.


Confucius avait fait un portrait de l'homme vertueux, le Sheng jen, entraîné à vivre en harmonie avec les autres : courtoisie, justice, intégrité, maîtrise de soi, fidélité aux engagements, loyauté, juste milieu. C'est encore l'idéal aujourd'hui. Ou plutôt c'es de nouveau l'idéal, car, entre-temps, il s'était perdu.



La courtoisie ? Les rites confucéens ont disparu mais ni Kuo Mo-jo ni Chou En-Lai, ni Chi P'eng-fei, en dépit de laccablante chaleur, ne retirent leur vareuse boutonnée jusqu'au col. Le formalisme de jadis a été allégé, mais la bienséance raffinée demeure : on évite d'ennuyer les interlocuteurs par le récit de ses ennuis : on leur fait des compliments pour qu'ils se sentent à l'aide.

La justice ? Il semble bien qu'il y en ait plus, en Chine populaire, qu'il n'y en avait depuis longtemps dans la Chine classique.
L'intégrité ? Ce que la population a apprécié davantage dans les nouveaux dirigeants, c'est justement leur honêteté rigoureuse, qui contrastait avec la corruption des cadres de l'ancien régime.
La maîtrise de soi ? Chaque chinois s'exerce à rester impassible et souriant. Les qualités humaines et les sentiments qu'il éprouve valent par eux-mêmes, sans qu'il ait besoin de les afficher. Un Chinois m'a assuré que ses compatriotes "avaient compris le peu de cas qu'il fallait faire de Krouchtchev quand il avait martelé la tribune de l'O.N.U. avec sa chaussure.
La fidélité à la parole donnée ? Quand les Chinois prennent un engagement, ils le tiennent. Un accord commercial, ils en exécutent les dispositions rubis sur l'ongle.
La loyauté à l'égard des amis ? Avant que fût rendue publique l'invitation chinoise au président Nixon, Pékin avait averti le gouvernement nord-coréen et le gouvernement nord-vietnamien ; Chou En-lai était venu lui-même rendre visite en pleine nuit, au prince Norodom Sihanouk. Lequel me fit remarquer que le chef de la Maison Blanche n'en avait pas fait autant avec ses alliés, notamment japonais ; et que ce serait mal connaître la Chine, que de la croire prête à abandonner Hanoï pour se rapprocher de Washington.
Le juste milieu ? Quoique les développements de la révolution chinoise donnent souvent l'impression d'excès, c'est une voie médiane qui finit par triompher, après que ces excès se sont d'exu-mêmes discrédités : à mi-chemin entre le chauchisme anarchiste et le droitisme conservateur, entre l'utopie et la routine, entre le défi jeté au monde et le renoncement aux ambitions mondiales. Ce juste milieu concilie "l'intransigeance dans les principes et la souplesse dans l'application" : le combat opiniâtre de Mao contre Chiang Kai-chek et le voyage de Mao à Chung-king ; la fermeté dans la lutte contre les Etats-Unis et l'invitation à Nixon.

- Ainsi, repris-je, un siècle avant Socrate, tandis qu'Héraclite et Pythagore jetaient les premiers fondements de la philosophie grecque, vivait en Chine un philosophe dont on peut dire que l'idéal est resté le vôtre ?

- Il l'est resté... enfin, pas tout à fait... Le président Mao nous invite à conserver ce qui est bon dans la tradition et à écarter le mauvais. Il faut donc tout découdre dans les vêtements anciens, séparer le bon du mauvais, et recoudre avec ce qui est bon.

En somme, Mao Tse-tung, comme Confucius, a élaboré une philosophie qui aboutit à des règles de vie personnelle et de gouvernement de la société ; mais c'est la vie, c'est la société d'aujourd'hui. Il a traduit l'idéal communiste dans le langage confucéen : "Le communisme, ce sera la Grande Harmonie".



jeudi 2 juillet 2015

Il était une fois en Chine


Dernière minute - A la TV ce soir


Je viens de voir ça sur le programme TV de cesoirtv.com.


C'est ce soir, 2 juillet (2015), à 20 h 50 sur ARTE. 

Le film dure 2 h 10
Style : Kung Fu
Pays : Chine (Hong Kong)
Date de sortie : 1991
Réalisateur : Tsui Hark

Les acteurs : Jet Li, Rosamund Kwan, Yuen Biao, Yan Yee Kwan et Jacky Cheung.

Titre : Il était une fois en Chine

Résumé (de cesoirtv.com) :

A la fin du XIXe siècle, en Chine. Wong Fei-Hung, médecin, dirige une clinique dans la province de Canton et, accessoireement, règle les conflits qui peuvent naître au sein de la communauté. Ceci lui est d'autant plus facile qu'il maîtrise parfaitement les arts martiaux. Mais son influence est telle dans la région que les colons occidentaux finissent par voir d'un mauvais oeil ce personnage. Ils cherchent alors à le destituer, en s'en prenant notamment à sa clinique, puis en engageant Yim, un brillant combattant, afin de l'éliminer purement et simplement. La tante de Wong, qui revient d'Europe, est ainsi enlevée pour servir d'appât...


mercredi 1 juillet 2015

L'empereur Kangxi



C'est à l'âge de 6 ans, en 1661, que Kangxi (littéralement "Le Pacifique") devient empereur de Chine pour 62 ans, ce qui représente le règne le plus long de l'histoire de la Chine. Fils de Shunzhi, fondateur de la dynastie Qing, c'était un Mandchou. Jusqu'à 1969, le pouvoir était au mains de quatre régents, dont un certain Oboi, qu'il fait arrêter lorsqu'il atteint lui-même sa quinzième année, devenant ainsi empereur à part entière. Il rompt avec la politique de discrimination ethnique qu'Oboi avait instaurée. De plus, il promulgue un décret stipulant que les paysans, qui avaient été dépossédés de leurs terres par Oboi, pouvaient en reprendre possession. 


Kangxi a amené l'empire à son apogée, repoussant ses frontières jusqu'en Mongolie (1691) et au Tibet (1720) et restaurant la souveraineté de Beijing sur l'île de Taïwan (1683). Au nord, il repousse, aidé par une artillerie mise au point par ses conseillers jésuites, les Russes qui ont atteint l'océan Pacifique. Le traité de Nerchintsk, qui attribue la vallée de l'Amour à la Chine, est signé. Après huit années de guerre (1673-1681) contre des feudataires du Sud-Ouest, qu'il finit par écraser, il finit par dominer un très vaste empire.

Epris de calligraphie et connaisseur d'art, l'empereur devient un véritable lettré. Côté administration, il n'est pas en reste. Côté ouverture vers les apports extérieurs, il se montre plus que tolérant. Pour preuve la confiance qu'il donne aux Jésuites occidentaux, les autorisant à prêcher leur religion en Chine. Le Vatican, pour sa part, voit ce rapprochement d'un mauvais œil et interdit aux Jésuites de tolérer le culte des ancêtres -fondamental pour eux- chez les nouveaux convertis orientaux, engendrant une "Querelle des Rites" qui amène Kangxi à interdire la prédication chrétienne en Chine. Il continue, dans le même temps, à rester ouvert aux influences du bouddhisme et aux avancées mathématiques et astronomiques venues de l'occident. En 1679, l'empereur met en place un examen spécial pour les grands lettrés, les amenant à se séparer de l'influence culturelle des Ming; il s'applique ainsi, en même temps qu'à l'aide d'une meilleure rémunération, à gagner les élites au nouveau régime et restreindre la corruption.

Le missionnaire jésuite Joachim Bouvet (1656-1730) publia en 1697 un portrait littéraire de l'empereur Kangxi qui fut présenté au roi Louis XIV, son contemporain, participant ainsi à la popularité du personnage. Son ouvrage fut traduit en latin par Leibniz*, avec qui l'empereur entretenait d'étonnantes relations, mais aussi en anglais, en néerlandais et en italien. 

Bouvet était correspondant de l'Académie des Sciences. Parti en 1685 avec la première ambassade envoyée par Louix XIV au Siam (actuelle Thaïlande), il avait rencontré l'empereur Kangxi en 1688. Kangxi l'écoute et s'intéresse à son enseignement des mathématiques. Dans son récit-portrait fait au roi de France, Bouvet s'applique à rapprocher les deux monarques, que ce soit au niveau du physique (tous deux portent les marques d'une variole enfantine, maladie dont fut emporté le père de Kangxi, 1er empereur des Qin), qu'au niveau du tempérament : goût pour les arts, destins royaux parallèles, avec toutes les difficultés assumées du pouvoir. Louis XIV avait, cependant, déjà lu un récit du père astronome Verbiest (1623-1688) sur son voyage en Tartarie orientale (Mandchourie), dont voici un extrait de la dédicace : "Vous verrez, Sire, dans ce récit, que la Cour de Péquin ne cède en magnificence à aucune autre Cour de l'Europe; & si vous aviez esté dans un autre siècle, le Prince qui règne aujourd'huy à la Chine ne verroit rien dans le monde de plus grand que luy."

Grâce à ce type de récit, les lettrés occidentaux étaient au fait de l'intérêt de Kangxi pour les sciences, notamment la cartographie, les mathématiques, la physique et l'astronomie. L'empereur utilisait l'enseignement du père Verbiest, qui lui transmettait ses connaissances à raison de 3 ou 4 heures par jour, pour mener à bien plusieurs grands travaux, notamment dans le domaine hydraulique (création de canaux et de barrages).

La réforme du calendrier, qui marqua les esprits en Chine avant même l'avènement de Kangxi, avait donné lieu à une première réforme issue de l'occident : le nouveau calendrier fut promulgué en 1644 par le père de Kangxi, Shunzhi. On sait que premier empereur avait déjà confié de hautes fonctions à des Jésuites dans son Bureau Impérial d'Astronomie. Son fils reprit donc, en les intensifiant, les relations fructueuses avec un occident alors porteur de progrès.

Notons que durant son règne, Kangxi se rendit à plusieurs reprises au temple de Confucius à Qufu à la fois pour rendre hommage au philosophe qu'il estimait et pour rallier ses adeptes à son camp, ce qui permit de stabiliser son règne sur tout l'empire.

Sources:

herodote.net
jesuites.com,  
Conférence de Christine Bierre sur le Pont terrestre eurasiatique
solidariteetprogres.org
wikipedia.org





* Le philosophe et mathématicien Gottfried Leibniz était porté par une vision de la civilisation humaine avec la volonté de bâtir un monde "où toutes les nations, quelles que soient leur taille ou leur richesse, auront droit à leur entière croissance. Un monde où toutes les nations seront souveraines et libres de nouer des partenariats avec les pays de leur choix, sans se soumettre à tel ou tel bloc idéologique, sans devenir les vassales de tel ou tel empire".
Au XVIIe siècle, alors que l'Europe était ravagée par les guerres et en proie aux fanatisme religieux, Leibniz tenta de créer les conditions d'une paix en permettant au continent asiatique de se développer. Il souhaitait nouer une alliance entre l'Europe et la Chine. Le philosophe considérait que les deux grandes nations, bien que fort éloignées l'une de l'autre, étaient les plus avancées.