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Bandeau théière calli

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dimanche 5 octobre 2014

Propos sur la racine des légumes


Non, il ne s'agit pas d'un traité de jardinage mais d'une sorte de manuel du savoir vivre avec élégance, détachement et quiétude.



HONG Zicheng était un lettré de la fin de la dynastie Ming (XVIe siècle) dont on ne connaît pas grand chose. Dans cette compilation traduite par Martine Vallette-Hémery, nous pouvons nous nourrir de nombre de ses maximes où l'esthétique se dispute à l'éthique. Observation des moeurs et méditation mystique, pensées sur les rapports humains, introspection, le coeur et la raison apportent leur touche aux réflexions philosophiques - souvent bouddhistes  - qui nous sont servis dans ce petit ouvrage agréable.

Dans les Propos sur la racine des légumes, on retrouve à la fois un idéal de liberté et une certaine retenue dont le raffinement permet d'évoluer dans une société où les échanges sont positivés, transcendés dans un art de vivre plein de sagesse chinoise avec un merveilleux parfum d'herbe où s'est posée la rosée du matin, de jasmin que le soleil fait embaumer et de malice bienveillante. 

Errons donc au hasard de ces aphorismes et écoutons cette merveilleuse musique de l'univers qui invite à la sérénité de l'âme.

Extraits :

Le ciel et la terre durent dix mille âges, notre corps disparaît sans retour. L'homme vit cent ans au plus, les jours passent vite. 
Quand on a eu le bonheur de venir au monde, il faut savoir apprécier la joie d'être en vie mais il faut aussi veiller à ne pas devoir s'attrister d'avoir vécu en vain.

Si l'on parle du monde des illusions, mérite, renom, honneurs et même le corps sont des apparences prêtées pour un temps.
Si l'on parle du monde véritable, père, mère, frères aînés et cadets et même les dix mille formes de vie ne font qu'un avec le moi.
Pourvu que les hommes soient assez lucides pour le comprendre, ils peuvent assumer leurs tâches dans la société tout en se libérant de ses entraves.

Comme un être généreux a le coeur vaste, le bonheur lui est largement octroyé et son champ d'action est vaste.
Comme un être mesquin a l'esprit étriqué, le bonheur lui est chichement mesuré et il est limité dans ses entreprises.

Que notre corps soit comme une barque sans amarres qui vogue ou s'arrête au gré du courant.
Que notre coeur soit comme du bois calciné, impassible devant les attaques ou les louanges.

Dans la vie, l'état de bonheur comme celui de malheur sont des constructions de l'esprit. C'est pourquoi le Bouddha nous dit : "Un désir trop brûlant est une fosse ardente, une concupiscence irrésistible un océan d'amertume. Une seule pensée pure transforme les flammes en eau fraîche, une seule pensée lucide fait accoster à l'autre rive."
Si une nuance de la pensée engendre des états si différents, ne faut-il pas être vigilant ?




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